Aujourd’hui, la Cour des Comptes va présenter son rapport sur les finances publiques locales. L’occasion de se pencher ce matin sur ce nouvel engouement des collectivités pour les parcs d’attractions.

Imaginez : vous tombez de 80 mètres de haut dans les entrailles d’un robot, vous embarquez dans une fusée stratosphérique. Vous compostez votre billet et votre train fantôme vous embarque dans un univers de manga ; ça vous fait rêver? Et bien vous pourrez peut-être vivre ces grands frissons à Calais, en 2019.

Tout ça à deux pas de la jungle des migrants. Ces attractions ont des noms à la hauteur de l’aventure qu’ils vous proposent:

« Goldo Tower » ou « Propulsion stellaire » appartiendront au parc « Heroic Land ». Projet défendu bec et ongle par la mairie de Calais pour relancer l’économie locale.

1.000 emplois créés,1, 5 million de visiteurs attendus et un investissement prévu de 275 millions d’euros !

Et quand on écoute la démo dévoilée hier par la commune de Calais. C’est vrai, il y a de quoi faire trembler Eurodisney :

Calais n’est pas la seule ville qui affiche ce genre d’ambition. En Seine-et-Marne par exemple, Yves Jégo, vous savez, l’ex président par intérim de l’UDI, a un fantasme: un parc Napoléon.

Il s’est donné 6 ans pour mener son projet à terme: trouver les investisseurs, faire délivrer les permis de construire etc.

L’objectif: une ouverture en 2021, en plein bicentenaire de la mort de Bonaparte et Jégo promet 2 millions de visiteurs par an.

Autre exemple: un parc consacré aux chevaliers cathares.

Voilà de quoi mettre en lumière, tout à coup, la commune de Piémont d’Alaric dans l’Aude, dont vous ne soupçonniez pas l’existence. Mais celui qui a pris le plus d’avance, c’est le maire de Monteux, dans le Vaucluse: son parc Spirou ouvrira ses portes dans 3 ans.

Et je pourrais vous en citer d’autres, encore. Le parc du Petit Prince sur le point d’ouvrir à Mulhouse, etc.

  • Des projets qui obligent aussi les communes à mettre la main à la poche.

De nombreuses communes sont prêtes à vider leurs poches pour faire venir des entreprises sans forcément être regardantes sur la contrepartie.

A Calais, par exemple, pour Heroic Land, et bien la région promet de débloquer 400 000 euros dans les prochains mois.

L’Etat, lui, va contribuer à hauteur de 290 000 euros. 1 000 emplois seront créés. Mais quels types de contrats ?

Un député, le socialiste Yann Capet a décidé de poser toutes ces questions. Il vient de saisir pour ça la Commission Nationale du débat Public. Début de réponse dans un mois.

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