La sortie du septième épisode du film Star Wars, Le Réveil de la Force , en France est l’occasion de voir s’associer des entreprises que l’on pensait éloignées les unes des autres. Exemple avec EuropaCorp, la société qui regroupe les activités cinématographiques de Luc Besson.

Si je vous dis EuropaCorp, Air France et Fauchon, vous allez me dire : Luc Besson en train de faire un scandale dans un avion en business class ?

En l’occurrence, il s’agit ici de l’une des plus grosses opérations de communication d’EuropaCorp, en tous cas depuis la naissance du complexe cinématographique de Luc Besson à Aéroville, juste à côté de Roissy.

De quoi s’agit-il ?

Etant donné que le film sort dans l’Hexagone deux jours avant la sortie aux États-Unis, ce vendredi, Besson a eu l’idée d’un « package » (d’un « lot » en français) spécialement destiné aux impatients, aux jaloux, aux aficionados américains qui se devaient d’être les premiers à voir ce septième épisode.

Moyennant un billet variant de 1500 dollars pour les moins chers à 5000 pour les classe-affaires, les fans vont donc atterrir à Roissy.

Des navettes aux couleurs d’EuropaCorp les attendront sur le tarmac pour les emmener à quelques kilomètres de là : Aéroville. S’il n’y a pas eu de retard ce sera l’heure de déjeuner. Fauchon, le traiteur parisien assure la collation et c’est le ventre plein que les spectateurs pourront, à 15h30, entendre les premières notes de musique du générique.

Luc Besson
Luc Besson © MaxPPP

Et tout cela ne rapporte pas grand-chose à Europacorp, alors que celalui coûte plusieurs dizaines de milliers d’euros. En fait, EuropaCorp considère cette opération comme de la communication, pas comme une opération commerciale. Pas de marge, vous explique donc le patron d’Aéroville pour un ticket de cinéma évalué pour l’occasion à 150 euros. Opération légèrement décevante d’ailleurs : seulement 120 citoyens américains ont signé pour l’aventure alors qu’EuropaCorp espérait remplir un avion entier (les attentats du 13 novembre expliqueraient en grande partie ce manque explique-t-on chez Luc Besson).

Quel est l’intérêt pour le complexe cinéma d’Aéroville? De faire venir le public et de le fidéliser, comme le font les parcs d’attraction. Il y a deux ans, Aéroville a fait venir 500.000 personnes dans ses salles, 700.000 en 2014. L’objectif est d’en faire venir 800.000 en 2016.

Pour cela, Europacorp va donc multiplier les opérations d’envergure.

En mars prochain: « Batman versus Superman » va donc être l’occasion de nouvelles démonstrations. Aéroville vous proposera de vous déguiser en Batman et de jouer une des scènes du film avec des comédiens. Co-producteur de l’animation: le centre commercial Aéroville lui-même…

Rebelote en 2016 avec l’Euro de football : Aéroville compte retransmettre le match, cette fois gratuitement, sur ses quatre écrans géants.

Et puis, 2017, là encore le complexe prévoit grand avec la sortie deValérian , le film que tourne en ce moment Luc Besson.

Où est la logique commerciale ? Elle se situe après le film. L’idée n’est plus de gagner de l’argent sur les billets de cinéma, mais grâce au concept store, l’Europastore, à la sortie de la salle obscure. Aujourd’hui, le magasin rapporte 15% des recettes. L’objectif est qu’il en rapporte 25% et donc que vous en ressortiez avec autre chose que du pop-corn et du Coca.

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