Pour la première fois de l'histoire de l'industrie automobile, une femme prend les rennes du plus gros constructeur américain: General Motors. La nouvelle directrice générale s'appelle Mary Barra.

Si l'on s'amusait à prendre comme instrument de mesure la capitalisation du groupe, on pourrait dire que c'est maintenant la patronne la plus puissante de la planète, ce qui n'a pas échappé au présentateur vedette de CBS. Ecoutez la solennité avec laquelle il annonçait la nouvelle de cette nomination féminine à ses téléspectateurs il y a quelques semaines :

Mary Barra est avant tout une enfant du sérail General Motors. Aujourd'hui, elle a 51 ans et elle y a passé 33 ans de sa vie professionnelle. Cela signifie qu'elle y est entrée à 18 ans. Chez General Motors, elle a grimpé tous les échelons.

Elle a commencé comme stagiaire en ingénierie informatique, puis est passée à la conception des voitures. Elle est devenue cadre supérieure, a travaillé aux ressources humaines, avant de devenir vice-présidente du développement mondial des produits des achats et de la chaîne d'approvisionnement.

Une patronne qui maîtrise à merveille la langue de bois :

> J'ai travaillé chez GM pendant 33 ans j'ai toujours su que c'était une entreprise formidable les hommes et les femmes de GM sont si dévoués et nous avons la meilleure équipe sur le terrain et c'est un honneur pour moi de pouvoir mener cette équipe et de continuer à avoir les meilleures véhicules de la meilleure qualité d'acquérir de la valeur pour nos actionnaires, etc. __ … Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… **Mais la réalité de sa tâche consiste à réduire les coûts, et sans état d'âme.** Ce qui va se traduire par une réduction drastique du nombre de plateformes de fabrication des 11 marques du groupe. En clair, Barra veut les faire passer de 30 à 10, pour réaliser 1 milliard d'économies par an, ce qui induira forcément des réductions d'effectifs. Mais on sait que cela ne l'empêchera pas de dormir. On revient quelques années en arrière, quand au plus fort de la crise, en 2009, General Motors a déposé le bilan avant d'être mis sous perfusion de l'Etat, des dizaines d'usines ont fermé, plusieurs milliers de salariés ont été licencié. Et qui était DRH? Mary Barra ! **Au delà de General Motors, est-ce le signe que les femmes américaines explosent le plafond de verre?** C'est vrai qu'aux Etats-Unis, on compte maintenant plusieurs femmes puissantes à la tête du secteur privé : Virginia Rometty, à la tête d'IBM ; Indra Nooyi chez PEPSICO ; Marissa Mayer dirige Yahoo ; Meg Whitman chez Hewlett Packard ou encore Irène Rosenfeld est à la tête de Kraft Foods. Mais le pourcentage de femmes au sein des conseils d'administration reste faible: 15% aux Etats-Unis, c'est même moins qu'en Europe et moins qu'en France où il est à 24%, ce qui est encore loin du compte.
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