Le gouvernement, selon Nicolas Beytout, s’acharnerait sur L’Opinion de manière très procédurière.

L’Opinion fête cette semaine ses trois ans d’existence. Et pour l'occasion il donnait une fête avant hier. 250 personnes, champagne, petits fours etc. Sauf que son patron, Nicolas Beytout a fait la fête en colère. Voilà, dit-il que pour fêter ses trois ans, il lui faut augmenter le prix de son journal, 30 centimes de plus. De 1 euro 70, il passe à 2 euros. D’où cet éditorial salé avant-hier dans lequel il a fait sa fête au gouvernement. Le gouvernement qui, selon Beytout, s’acharnerait sur son journal de manière très procédurière. Tout en le privant par ailleurs des aides à la presse auxquelles il serait éligible. Bref, le gouvernement voudrait la peau de L’Opinion qu’il ne s’y prendrait pas mieux…

Sur le volet fiscal, Bercy a été particulièrement regardant sur les débuts de L’Opinion qui a subi deux contrôles fiscaux en trois ans. L’Opinion a eu droit là à un traitement de faveur. C’est vrai qu’en général, dans le cas d’une entreprise qui démarre son activité, les services fiscaux ont plutôt tendance à la laisser tranquille. Dans ce cas de figure ce n’est pas le cas. Deux contrôles fiscaux donc :

  • l’un ciblé sur la régie publicitaire
  • l’autre sur la société éditrice Bemedia… ce qui n’est encore aujourd’hui pas indolore.

Et la conséquence de ces procédures est la suivante: les particuliers qui veulent aider l’Opinion…vous savez vous avez droit à une déduction fiscale quand vous aidez une entreprise de presse…et bien ces particuliers qui ont aidé L’Opinion, n’ont pas eu droit à leur crédit d’impôt cette année…. Ce sont 1 million 5 à 2 millions investis… qui n’ont pas vu le retour attendu.

Et sur les aides publiques, Nicolas Beytout dénonce une discrimination.

Au Ministère de la culture on conteste toute idée de mise à l’écart. Premier point, L’Opinion a eu droit comme tout le monde au taux de TVA super réduit, tout comme aux tarifs postaux préférentiels…tarifs qui s’appliquent à la presse d’information politique et générale. Ensuite, L’Opinion a bénéficié d’une aide directe en 2013 et 2015 : aide du fond de développement stratégique de la presse: 120 000 euros. En gros c’est un gros coup de starter pour ceux qui démarrent un journal, ou un nouveau projet…Et dans le cadre 21000 euros ont été distribués au Printemps 2016.

Mais voilà, si Nicolas Beytout parle de ségrégation, c’est qu’on lui refuse l’accès à un autre type d’aide, celle réservée à la presse d’opinion. C’est vrai que le titre, vu ses orientations serait bien dans le casting… Sauf que pour avoir droit à ça, il faut, en gros, un certain ratio entre vos recettes publicitaires et vos ventes. Après calcul du Ministère de la Culture, L’Opinion ne passerait pas la barre. Beytout dénonce un pinaillage…

Bref dans cette affaire de discrimination, on voit bien qu’il y a de la bonne foi chez les deux parties, de la mauvaise, aussi, assez bien répartie… De là à équilibrer les comptes, ce n'est pas sûr. En tous cas pas ceux de L’Opinion pour l’instant.

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