Le tribunal correctionnel de Paris a été saisi par plusieurs syndicats de professionnels de la santé qui reprochent à huit sociétés d’esthétique parisiennes d’utiliser ce qu’on appelle de la « lumière pulsée »

La lumière pulsée, c’est comme une petite LED qui sort d’un joy stick.

C’est moins dangereux que le laser. C’est moins douloureux que la cire. Et beaucoup, beaucoup, moins long que la pince à épiler ! Seul travers : ça peut sentir le cochon grillé à la fin.

A coup de 10 à 12 séances par an sur les zones trop poilues, vous pouvez vous débarrasser définitivement de vos poils. 40 euros la séance chez l’esthéticienne. Entre 60 et 80 chez le dermatologue ou chez le médecin.

Mais ces derniers n’ont pas envie qu’on leur tonde la laine sur le dos. Pour les instituts qui en ont fait leur fond de commerce, pas question de dire que c’est un commerce et qu’ils seraient en concurrence avec des esthéticiennes, imaginez. Mais chez la SARL de médecins Docteur Debray, qui poursuit donc les instituts de beauté, il y a quand même 2 millions de chiffre d’affaire en jeu, réalisé chaque année, en grande partie, grâce à la dépilation. Ce qu’ils font donc valoir c’est quepour dépiler à la lumière pulsée, il faut une compétence au poil (un diplôme de médecin).

Pour les esthéticiennes par contre, rien d'obligatoire. On recense bien une dizaine de cas de brûlures bénignes chaque année mais elles s’estiment tout à fait compétentes pour vendre ce genre de service. Un service qui rapporte à un institut de beauté moyen environ 200 mille euros par an.

Dans ce genre de contentieux, il y a déja eu des contentieux, et des décisions contradictoires.

En décembre il y a deux ans, le tribunal de Lorient a condamné cinq esthéticiennes pour exercice illégal de la médecine . Mais à Grenoble, par exemple la justice a abouti à des conclusions totalement contraires.

La décision d’aujourd’hui, même si elle ne concerne que huit sociétés va donc être regardée avec beaucoup d’attention. Y compris par la société qui fabrique la machine à lumière pulsée, Eurofeedback. L'entreprise française de l’Essonne compte 55 salariés et elles ne seraient pas contre en vendre plus en France.

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