L’association ATD Quart Monde lance aujourd’hui un mouvement inédit : une grève contre le chômage pour mobiliser contre le chômage de longue durée. Au-delà du coup de communication, il y a un projet plus élaboré qui pourrait voir le jour dans les mois qui viennent.

Campagne ATD Quart Monde, grève contre le chômage
Campagne ATD Quart Monde, grève contre le chômage ©

Ce n’est pas le travail qui manque, ce sont les gens pour le faire : voilà l’idée qui sous-tend ce qui se passe aujourd’hui.

Quatre collectivités locales : Pipriac en Ille-et-Vilaine, Mauléon dans les Deux-Sèvres, Prémery dans la Nièvre, et Colombey-les-Belles en Meurthe-et-Moselle, vont planter des piquets de grève autour desquels l’activité va s’organiser. Terrassement d’un village néolithique, ramassage de produits recyclables, création d’un jardin partagé ou un circuit touristique : activités assurées gratuitement par des chômeurs de longue durée. Tout ça pour démontrer que l’activité n’est qu’une question d’organisation.

L’idée, c’est d’aller beaucoup plus loin et d’offrir un CDI aux chômeurs de longue durée, rémunérés au SMIC , avant même qu’ils ne retrouvent un autre travail s’ils le souhaitent par la suite. Vous allez me dire : c’est irréaliste, on compte 2,5 millions de chômeurs de longue durée.

D’où l’idée de tester d’abord l’expérience dans une dizaine de territoires français, disons avec 1.000 chômeurs qui signeraient des contrats avec des entreprises certifiées Economie sociale et solidaire. Et cela dans des domaines très variés: l’entretien, la petite maçonnerie, le service à la personne...

Un fond national, abondé dans un premier temps par les régions et par l’Etat règlerait les salaires.

Attention, ce ne serait pas de l’argent perdu, explique ATD Quart monde, ce serait autant de manque à gagner en cotisations sociales et dépenses d’accompagnement au chômage de longue durée comme les APL, RSA et autres aides qui ne seraient donc plus versées à ces ex-chômeurs, mais qui permettraient de financer leurs CDI.

Comment mettre cela en oeuvre ? Un parlementaire s’est chargé de le faire: Laurent Grandguillaume, député PS de Côte d’Or. Il a présenté ce qu’on appelle une proposition de loi d’expérimentation. Le Conseil Economique et Social doit dire ce qu’il en pense le 10 novembre prochain, puis le Conseil d’Etat avant que cette loi expérimentale et unique ne soit examinée à l’Assemblée.

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