Les défenseurs de l’environnement bloquent ce matin les allées et venues des camions de bovins et réclament toujours que l’élevage ne dépasse pas plus de 500 têtes, ce que refuse de signer le promoteur. Derrière ce combat il y a deux visions de la défense de l’environnement.

1000 vaches
1000 vaches © Radio France / Jérome Jadot

Imaginez un "meuuuuuh" multiplié par mille ou plus exactement 1750 à côté de chez vous. Mais surtout, imaginez les tonnes de fumier produites chaque jour et que vous pouvez recycler.

C’est un méthanisateur installé là qui permet de transformer les déchets en richesses qui rapportent.

Comme un mixeur géant, vous versez dedans: les restes de céréales, des herbes, du lisier et du fumier. Ce cocktail va fermenter, libérer du gaz, ce gaz va alimenter un générateur d’électricité achetée puis revendue par EDF.

D’autant plus bénéfique pour l’éleveur que l’Etat a décidé d’augmenter les tarifs d’achat d’électricité cette année avec des primes.

Un processus sans dommage pour l’environnement ?

Ce n’est pas ce que dit l’association de défense de l’environnement Novissen, opposée au projet.

Selon eux, les résidus d’azote sont susceptibles de saturer les nappes phréatiques. Quant au méthane, il augmenterait la production de gaz à effet de serre.

Deuxième effet induit, dit l’association:la concentration de bovins en un seul et même endroit entraînerait un risque d’épidémies plus élevé et les amènerait à développer des résistances aux antibiotiques.

La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement s’est donc saisie de l’enquête. Conclusion: pas de risque environnemental pour le méthanisateur ou le « digesteur » comme on l’appelle aussi.

Mais le problème, c'est d’abord une question de symbole.

Avec une exploitation de 1750 vaches, le domaine d’Abbeville sort de la tradition française d’élevage familial et se calque sur le modèle allemand de production industrielle;

Ensuite beaucoup craignent que la méthanisation ne serve de caution écologique à l’élevage industriel.

Que derrière les «MEUUUH » on trouve des pratiques bénéfiques pour l’environnement, mais nuisibles aux bêtes et finalement aux hommes.

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