Crème Andishee
Crème Andishee © Andishee

Les sanctions internationales infligées à l’Iran pour que le pays change d’attitude sur son programme nucléaire sont-elles vraiment efficaces ? Certaines entreprises dénoncent des mesures contreproductives.

Si l’on prend l’exemple de Yasmine Valipour, jeune franco-iranienne qui produit une crème « premiers signes de l’âge » au safran et à la pistache perse, il y a une contrainte de taille quand elle achète ses matières premières :l’interdiction de verser l’argent de la transaction dans une banque liée au régime.

Il fallait donc trouver une autre solution, explique-t-elle :

Il y a deux mois, une délégation d’entreprises du CAC 40 s’est pourtant rendue à Téhéran avec le MEDEF.

Et certes, depuis l’élection d’Hassan Rohani en juin, l’année dernière, c’est vrai que le régime a donné quelques gages.

Maintenant, un nouveau round de discussion sur le nucléaire a commencé -le cadre en a été fixé à Vienne-, mais les règles ne changeront pas avant le 20 juin prochain.

Ce qui n’empêche pas les entreprises françaises, américaines, britanniques, allemandes, italiennes de piaffer devant l’ouverture de ce marché de 80 millions d’habitants, toujours puissance pétrolière et aux besoins en investissement considérables.

Du coup, les sanctions contre l’Iran sont aussi une arme utilisées entre les pays occidentaux. Notamment une arme à dimension variable utilisée d’une main de maître par les Américains.

En octobre dernier, par exemple, la Maison Blanche a décidé de sanctionner toute société qui fournirait des biens et des services au secteur automobile iranien. Ce qui revient à condamner toute l’activité de Peugeot et Renault qui envoient en Iran les pièces détachées de leur voiture.

Malin quand on sait que General Motors, qui fabrique toutes ses voitures en Iran, passe donc à travers cette interdiction.

Même manœuvre dans l’aéronautique : Washington autorise désormais la livraison de pièces détachées pour avions. Mais pas à n’importe quelle compagnie : à Iran Air, qui se trouve être équipée de Boeing (américain, donc), et à personne d’autre. Interdiction de livrer au concurrent, Mahan Air équipé, lui, d’Airbus… Dommage !

Donc derrière les sanctions et les menaces, le commerce avec l’Iran n’a jamais cessé.

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