Chaque année les parlementaires votent des crédits, ristournes, et autres baisses de charges pour soutenir le secteur de la presse…

la presse a désormais le droit d'évoquer des faits amnistiés
la presse a désormais le droit d'évoquer des faits amnistiés © reuters
C'est le petit nouveau des kiosques, le dernier né de la presse généraliste, qui en faisait sa une récemment…sûr de ne pas avoir de concurrence sur le sujet, _l'Opinion_ titrait avec une pointe d’indignation: "Petits arrangements parlementaires pleins d'humanité". Soucieux de transparence, le journaliste explique qu’**au creux de la nuit du 3 au 4 décembre, les députés ont effacé la dette du journal l_'Humanité_ : une dette de 4 millions d'euros.** L'analyse suit quelques deux colonnes plus loin : si les socialistes ont effacé l'ardoise, c'est pour s'assurer les bonnes grâces des communistes aux municipales dans quelques mois. Pour y voir un peu plus clair, j'ai donc appelé **le spécialiste de la question des aides à la presse: Michel Françaix, député socialiste de l'Oise et auteur d'un rapport sur le sujet** . Il nous fait une petite « revue de presse » du millefeuille des subventions et des aides distribuées aux journalistes :
**Comment assainir et simplifier ce système d’aides à la presse ?** Avec un principe simple : ce sera fromage ou dessert. **Les journaux ne pourront plus cumuler et la TVA à 2% et les aides au portage et à l’impression, etc** . L'aide postale, c’est-à-dire des tarifs moins chers pour acheminer les journaux, existe depuis la Révolution française. Et depuis 200 ans, tous les gouvernements de droite comme de gauche ont maintenu le système le rendant de plus en plus complexe. **En 1942, sous Vichy, Pierre Laval a même amplifié la pratique officiellement pour encourager le pluralisme et la diversité du paysage médiatique. Et récemment, on a rajouté un dessert supplémentaire : une subvention pour aider les entreprises de presse à s'adapter au multimédia.** Au total Michel Françaix évalue à près d’1 milliard le coût de ces aides, mais il l’avoue lui-même : il n’est pas sûr de son chiffre. C'est moins que le montant des aides pour le cinéma et à l'édition. ### **Par où commencer pour faire du nettoyage dans ce système d’aide?** Par évaluer cette dépendance économique et regarder qui touche quoi. **_Le Monde_ par exemple touche de nombreuses aides directes mais ne bénéficie pas de la TVA à 2%.** Pour d'autres c'est le contraire, mais cette TVA n'est pas comprise dans les aides. La leçon, c'est que d'une manière ou d'une autre, absolument tous les journaux dépendent économiquement du pouvoir, Le seul titre qui peut se targuer d'une indépendance financière, ce n'est pas _l'Opinion_ , qui ne rentre pas encore dans ses frais et vient juste de remplir son dossier d'inscription pour toucher ses premières d'aide à la presse. **Le seul, l'unique, à être indépendant de tout pouvoir c'est le _Canard Enchaîné_ .** Ses comptes sont à l'équilibre, il n'a jamais touché un centime de l'Etat.
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