Alors que la commission d’enquête sur les 35 heures remet aujourd’hui son rapport à l’Assemblée nationale et que le débat enfle sur le vrais bénéfices de la réduction du temps de travail, voici un exemple de gestion du temps des salariés très rare en France mais qui a pourtant fait ses preuves: ce qu’on appelle «le temps convenu» . Imaginez que vous puissiez dire à votre employeur: "moi je ne me lève pas avant 11 heures, je travaille de midi à 20 heures. Ou encore "moi je veux commencer plus tôt et être à 16h30 devant l’école pour aller chercher mes enfants". Dans la plupart des entreprises ce serait une hérésie. Mais pas à "Convers Telemarketing".

"Convers Telemarketing", c’est ce qu’on appelle un call center , tout ce qu’il y a de plus ingrat en matière de plateforme téléphonique, à première vue, oreillette branchée et petit micro collé à la bouche. Sauf que pour ses 220 salariés celle-ci présente deux qualités:

D’abord elle est installée depuis 1998 à Nice sur la promenade des Anglais, joli cadre.

Ensuite, elle propose de s’adapter aux horaires de ses salariés.

C’est gérable et c’est même rentable. Chacun choisit le nombre d’heures à effectuer chaque mois, en sachant qu’on peut changer d’avis deux fois par an…Et ce système séduit en particulier ceux que l’on perçoit aujourd’hui comme les parias du marché du travail: les seniors. 20% des salariés de Convers ont plus de 60 ans, un tiers plus de 50, dont beaucoup des femmes qui avaient du mal à revenir sur le marché de l’emploi après des enfants. Mais c’est exactement cette population que le patron Philippe de Gibon voulait recruter. Gage de stabilité auprès de ses clients: des banques des laboratoires ou des entreprises de téléphonie mobile.

Une initiative rentable car le turnover dans l’entreprise n’est que de 8% , trois fois moins que la moyenne dans le secteur.En 2010 le chiffre d’affaires a augmenté de 10% Plus 15% en 2011 Ensuite, cette politique lui a permis de remporter en septembre le prix APEC (Association pour l’emploi des Cadres) de l’Egalité homme femme. Seul bémol; on parle bien ici toujours et uniquement de temps partiel, ce qui est toujours une forme de précarité, mais de temps partiel choisi.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.