C’est un mouvement qui fait de plus en plus d’émules en Allemagne et en Suisse : le « Grundeinkommen ». En français cela signifie « revenu de base ». L’idée c’est un revenu assez conséquent et pour tous.

Ce mouvement vient de lancer une grande campagne de sensibilisation, avant le vote sur la question qui aura lieu en Suisse le 5 juin prochain.

L’idée des militants de « Grundeinkommen » est la suivante : permettre à toute personne vivant en Suisse d’accéder à une vie digne. Et de manière totalement inconditionnelle. 2280 euros pour un adulte, 570 euros pour un enfant ou un adolescent. L’idée est généreuse : que tout le monde ait accès à une vie digne. En Suisse si vous avez une idée signée par 100 000 citoyens, vous pouvez la transformer en initiative que vous avez allez soumettre ensuite au vote de l'ensemble de la population fédérale. Si elle obtient la majorité elle peut se transformer en loi. C’est le référendum d’initiative populaire. Et c’est ce qui amène les Suisses à voter pour cette idée le 5 juin prochain.

Les militants ont décidé de faire le plus grand tapage possible pour être entendus…

Il y a deux jours par exemple ils ont réalisé une grande distribution de francs suisse dans la gare de Zurich…10 000 francs suisses distribués en coupures de 10, soit environ 9 euros. Grosse cohue, mais objectif atteint en termes de communication.

le gel du barème de l'impôt sur le revenu pourrait être reconduit
le gel du barème de l'impôt sur le revenu pourrait être reconduit © reuters

2280 euros par personne, c'est une jolie utopie mais bien trop lourde pour l’économie, répondent les autorités suisses. Sauf que les militants se sont penché sur la question et ont bouclé un plan de financement. Enfin bouclé à 90% disent-ils. En parallèle plusieurs économistes très sérieux, huit précisément, se sont intéressés à cette généreuse idée. Et eux aussi proposent des solutions. Jacques Marseille par exemple. Pour lui, on peut y arriver.

Il suffirait juste de fusionner plusieurs aides ensemble : assurance chômage, retraite, et aides sociales en général sans toucher à l’assurance maladie. Certes on n’arriverait pas aux 2280 euros des Suisses. Mais c’est un début.

En France, un mouvement équivalent propose aussi un revenu de base, et hier sur France Info la question a même été posée à Michel Sapin. Qui l’a balayée d’un revers de main au nom de cet argument assez classique : gagner plus que le minimum du minimum, pourrait vous condamner à une dangereuse oisiveté .

Argument très discuté donc, vous l’aurez compris, chez les économistes et chez nos voisins suisses.

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