Y aura-t-il un impact de ce vendredi 13 novembre sur la croissance française et sur l’activité ? Quel prix la France, au-delà du prix du sang, va-t-elle payer pour ce vendredi 13 novembre ?

La question peut paraître cynique, mais elle a été très sérieusement posée par l’agence de notation financière américaine Moody’s, il y a quelques mois. Conclusion de son étude : l’impact d’une attaque terroriste coûte en moyenne entre 0,5 et 0,8% de son PIB.

Comment arrive-t-on à ce pourcentage? Moody’s s’est appuyé sur une base de données: la Global Terrorism Database, tenue par l’université du Maryland aux Etats-Unis. Cette base de données recense tous les attentats qui ont eu lieu de 1994 à 2013 dans 156 pays.

La croissance française était déjà faible, ceserait donc une calamité pour la France ?

Evidemment, on parle là d’une moyenne. Et tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. 4 pays au monde concentrent 60% des attaques terroristes: l’Irak en tête avec 24%, le Pakistan 19, l’Afghanistan 12, et enfin l’Inde avec 5,8%. Pour ces 4 pays, le manque à gagner en termes d’investissement est considérable. Les entrepreneurs ne veulent ou ne peuvent s’installer durablement Ce qui ne pas le cas pour l’Allemagne, ni pour la France, ni pour le Royaume-Uni.

10 ans après, est-ce qu’on sait quel prix a payé Londres pour l’attentat de juillet 2005 ? Le 7 juillet au matin, le London Stock Exchange a perdu 3,5% de sa valeur à l’ouverture en à peine une heure et demie (en valeur cela équivalait à 44 milliards de livres). Dans les 7 jours qui ont suivi, les investisseurs ont massivement vendu leurs actions dans l’industrie du tourisme et du transport, en pariant sur une large désaffection des voyageurs et des vacanciers.

L’urgence, et c’est ce qu’a parfaitement compris le gouvernement britannique, était donc de rétablir la confiance financière. Que la City reste un pôle de stabilité. Pour ça, et bien les autorités ont trouvé une solution simple : suspendre le trading électronique et faire basculer les ordres sur le téléphone. Cela limitait le nombre d’ordres passés à la baisse forcément et donc la casse.

Deuxième raison : les infrastructures n’ont pas été touchées.

Enfin la troisième, c’est que les sièges des grands groupes installés à Londres avaient tous des plans d’évacuation assez bien rôdés. Qui ont pour la plupart fait leur preuve ce jour-là, à la différence du 11 septembre à New York.

Moralité : quand on sait à quelle genre d’attaque on a à faire, une grande partie du rétablissement économique est déjà réalisé.

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