En Chine, scandale après la révélation des nouvelles garanties bancaires exigées par des plateformes de financement participatif : des photos de nus.

Capture d'écran du site JIE-DAI-BAO
Capture d'écran du site JIE-DAI-BAO © Radio France

« Déshabillez-vous… » pourrait être le slogan de ces sociétés chinoises de prêt qui prospèrent sur internet. Leur cible : des étudiantes à qui on va prêter en échange de photos d’elles nues. Ensuite, le contrat est le suivant : si vous ne remboursez pas en temps et en heure, vos photos seront publiées sur la toile, accompagnées de votre pièce d’identité. Ou transmises aux parents…

Des organismes qui n’ont aucun scrupule à mettre la photo en ligne même si l’argent a été remboursé.

Le chantage prospère depuis plusieurs mois maintenant en passant par une plateforme qui s’appelle JIE-DAI-BAO, où des particuliers, des amis, des connaissances, peuvent emprunter ou prêter de l’argent en proposant leurs propres arrangements.

Les témoignages sont accablants

Celui, par exemple, de cette jeune femme rapporté par le Beijing Youth Daily. Elle voulait se lancer dans le commerce. Et en échange de photos d’elle nue, elle a emprunté 120 000 yuans soit 16 000 euros…

Sauf que ces sociétés se comportent comme des usuriers. Le taux d’intérêt hebdomadaire a de quoi faire frémir vous allez voir : jusqu’à 30% dans certains cas… Résultat, pour la jeune femme en question, sa dette a doublé en mois de 4 mois. Elle a fini par emprunter auprès de sa famille pour éviter de se découvrir dénudée sur internet.

La plateforme va-t-elle faire le ménage, et interdire ces pratiques?

Ce n'est pas complètement sûr. Chez JIE-DAI-BAO on a pu entendre deux sons de cloche différents : celui de ce porte-parole qui a déclaré à la presse qu’il bouterait ces requins de la finance hors de son site. Et cet autre selon qui cette affaire ne serait pas de son ressort. Plus étonnant peut-être le fait qu’à Pékin l’État n’ai pas réagi. L’État, qui a d’une certaine façon laissé libre champ à ces pratiques. Le système de bourse d’études en Chine étant extrêmement limité.

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