La fusion desdeux géants de la banane,l’Américain Chiquita et l’Irlandais Fyffes,a étéannoncée la semaine dernière.Un Empire de la banane va donc voir le jour avant la fin de l’année.

Banane Chiquita
Banane Chiquita © UggBoy UggGirl

Si je voulais faire un jeu de mots un peu trop facile, je dirais que les deux producteurs ont la banane. Jusqu’ici, il y avait dans le monde 4 acteurs principaux, qui se partageaient 80% du marché. Dans quelques mois, on en comptera plus que trois, avec un mastodonte rebaptisé « Chiquitafyffes » les deux noms « Chiquita » et « Fyffes », collés l’un à l’autre.

Les deux importateurs occuperont alors 30% du marché mondiale, vendront 60 millions de cartons de bananes chaque année pour 3,3 millions de chiffre d’affaires, et feront travailler 32 000 salariés.

Ce mariage fera d’eux le premier importateur de bananes, d’ananas et de melons aux Etats-Unis et le troisième distributeur. Une union prospère et heureuse, donc, d’autant plus que les époux se connaissaient déjà : ils ont appartenu à la même maison « United Fruit », jusqu’au milieu des années 80.

Qu’est-ce que cette fusion va changer dans le paysage économique ?

D’abord, cette alliance est une très sérieuse peau de banane pour les concurrents américains Dole, ou encore Fresh Del Monte, qui voyaient déjà leurs marges d’exploitation se dessécher. Leur avenir est d’un coup encore plus sombre.

Sans compter que pour tout le monde, une menace sérieuse plane sur l’approvisionnement en ce moment : la maladie de Panama ou « HIV des plantations de bananes » , qui fait rage en ce moment en Chine aux Philippines et en Indonésie parmi les plus grands producteurs de la planète. L’Amérique du sud n’est pas encore touchée, mais elle n’est pas à l’abri, et les conséquences à la fois économiques et sociales seraient désastreuses.

La première conséquence de cette fusion pour les marchés européens et français, c’est une inquiétude légitime des producteurs de bananes antillais et africains . En France, c’est ce que l’on achète le plus. Car ce duo américano-irlandais va tellement gagner en capacité de production et d’écoulement que la pression va être beaucoup plus forte.

Enfin, ce tandem va bénéficier de la baisse permanente des droits de douane sur ce qu’on appelle la « banane dollar » (celle produite en Amérique). Ces droits étaient de 176 euros par tonne il y a 5 ans ; ils sont de 132 dollars aujourd’hui et baisseront encore à 114 euros en 2019.

Mais de son côté, l’Union européenne a signé avec deux pays des droits de douane plus réduits encore, à 75 dollars, ce qui signifie qu’à terme, ce tarif s’appliquera à tous.

Jusqu’ici, la France était donc le seul pays d’Europe où l’on ne mangeait pas de bananes Fyffes, pour la simple raison qu’elles n’y étaient pas vendues. Pas sûr que le consommateur français évite très longtemps les Chiquita Fyffes.

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