Aujourd’hui et demain au Conseil de Paris, les élus parisiens vont se pencher sur la location de meublés dans la capitale. Dans le viseur: les propriétaires qui louent leur résidence secondaire à Airbnb.

Les clients sont provinciaux ou étrangers de passage dans la capitale. Il n’y pas qu’en France que l’entreprise est dans le collimateur, aux Etats-Unis, la charge est particulièrement violente.

Une campagne à 3 millions de dollars, particulièrement explicite, a été lancée par les hôteliers. Vous y voyez un appartement nauséabond rempli de cafards, dévasté par un dégât des eaux, des puces dans le lit évidemment sale, dans la cuisine une pomme pourrit dans le frigo, le tout dans un bruit infernal.Ce serait vous dit la pub l’exemple typique d’un

appartement proposé par Airbnb. Bien sûr, la réplique de la plate-forme de partage d’appartemena n’a pas tardé…

La campagne d’Airbnb vous explique que le A de la société signifie Amour, communauté… Je ne vous fais pas de dessin sur ce qui va vous arriver quand vous ferez appel à ces services.

Au-delà de la guerre de communication par spots interposés, il y a une vraie levée de boucliers au niveau des législations.

A Paris, ce que les élus ne digèrent pas, ce sont ces appartements meublés loués jusqu’à 1000 euros la semaine. Ce qui bloquerait le marché locatif et ferait grimper le prix des logements pour tous.

Aujourd’hui, quand vous louez une résidence qui n’est pas votre résidence principale, et que vous transformez ce logement en meublé touristique, vous êtes tenu de faire l’opération inverse dans une autre de vos appartements…ça s’appelle la « règle de compensation » et s’adresse bien sûr aux multi-propriétaires, ensuite vous payez les taxes adaptées.

A priori le nombre de personnes qui ne déclare pas serait assez élevé: la fraude est évaluée à 70%.

La Ville de Paris s’est donc mise en chasse de ses fraudeurs et a renforcé pour cela sa brigade spécialisée en la matière: une quinzaine d’agents, dont 7 contrôleurs assermentés, qui peuvent frapper à votre porte pour vérifier l’identité des occupants. 900 dossiers en cours de contrôle cette année. 15 condamnations ont été prononcées pour 516 000 euros d’amende au total pour l’ensemble des propriétaires.

Des condamnations du même type sont tombées aux Etats-Unis, notamment pour un utilisateur d’Airbnb qui avait loué son appartement en meublé pour moins de 30 jours: 2400 euros d’amende.

Est-ce que la loi ne va pas à l’encontre de la nouvelle économie du partage?

Attention en ce qui concerne les élus de Paris, ils ne sont pas opposés à ce qu’un propriétaire loue sa résidence principale pendant son absence. Ce sont vraiment les poly-propriétaires qu’ils surveillent.

Page du site Airbnb
Page du site Airbnb © Radio France / JB

Maintenant, il est vrai que le cadre juridique est en pleine évolution. Le syndicat professionnel de la location meublée propose par exemple un système à la carte où les propriétaires auraient une autorisation personnelle quand ils veulent louer en meublé, et pas de taxe quand ils occupent leur bien.

Ce sera un point en discussion aujourd’hui.

Si on reprend l’exemple des Etats-Unis, Airbnb s’est même mis à coopérer avec les autorités: dans certaines villes américaines, c’est la plateforme elle-même qui collecte la taxe de séjour. L’idée est sérieusement dans les tuyaux en France aujourd’hui.

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