Clap de cinéma
Clap de cinéma © radio-france

A propos de la guerre feutrée qui se déroule en ce moment dans le monde du cinéma, la première bataille a été remportée par ceux qui travaillent derrière les caméras, avec la mise en place d'une nouvelle convention collective.

Dans 15 jours, le 1er octobre: révolution ! Figurez-vous que les chefs opérateurs, les techniciens, les machinistes, les costumiers, vont se voir appliquer le droit du travail.

C'est une décision du Conseil d'Etat: les heures sup, les heures de nuit, les jours fériés…Tout cela sera compté sur leur feuille de salaire.

A la grande satisfaction de Denis Gravouil, directeur photo, représentant de la CGT , heureux de sortir de ces années de non droit :

  • Qu'est-ce que cela va changer pour les spectateurs ?

Dans l'immédiat, rien, même si les petits producteurs vous disent que vous ne verrez plus leurs films. Ils auront la mort aux trousses, expliquent-ils, s'ils doivent payer le personnel au tarif légal.

En réalité, il existe une dérogation pour les films à petit budget, inférieur à 2,5 millions d’euros. Pour ceux là, les baisses de salaires seront autorisées, sans compter que le Conseil d'Etat est maintenant appelé à se prononcer sur le fond.

-Le prix des places de cinéma va-t-il augmenter en conséquence ?

Non, il n'y aura pas d'impact. En revanche, plusieurs réalisateurs, Michel Hazanavicius l'auteur de The Artist le premier, profitent de ce débat pour remettre sur la table la question plus globale et urgente du financement du cinéma en France.

-Parce que c'est un secteur à l'économie pas très rationnelle

Il y a un exemple qui cristallise l'absurdité du système : « Astérix au service de sa majesté ». Cagnotte mise sur la table pour préfinancer le film: 62 millions d'euros, dont 6 millions directement dans la poche des acteurs. Et au final, un four, avec, à l’arrivée, 4 millions d'entrées.

Rien de gaulois dans le petit village de Gaulois : le tournage a lieu en Hongrie, avec des figurants payés 10 euros par jour, mais aussi au Luxembourg, en Irlande et en Belgique, où la politique fiscale est plus attractive. Donc aucune retombée pour l’économie française.

  • Comment faire pour assainir tout ça ?

Revoir le système de préfinancement du cinéma français. Dans cette optique, il y a quatre mois, Pierre Lescure avait proposé de taxer tous les supports (IPad, ordinateurs et autres), pour diversifier les ressources, mais Aurélie Filipetti l'a annoncé ce week-end : ce ne sera pas au programme en 2014.

Pourtant, l'objectif, c'est quand même que les films, même à petits budgets soient récompensés, quand ils marchent et que tout le monde soit payé. Et qu'un film qui se paie une tête d'affiche ne rafle pas tous les crédits, même –et surtout- quand il est mauvais.

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