Le Bisphénol A, les parabens et des phtalates: tous ces perturbateurs endocriniens peuvent causer de graves problèmes hormonaux. A Bruxelles depuis 2 ans, la bataille est sans relâche, et cette semaine les industriels ont certes remporté une manche... Mais ils en ont aussi perdu une, et de taille.

Vu de France, c’est toujours la Commission Européenne qui distribue les punitions, les sanctions et les rappels à l’ordre. Mercredi, pour une fois, c’est la Commission Européenne qui s’est fait taper sur les doigts: gros camouflet infligé par la Cour de Justice Européenne.

Cela faisait deux ans qu’elle était chargée de mettre en place une règlementation européenne commune sur le bisphénol A pour ses 28 membres : combien de micro-grammes de bisphénol autoriser dans les canettes, dans les bouteilles de plastiques et les boîtes de conserve? En somme: quelle dose journalière l’humain européen peut être exposé? Elle devait rendre sa copie en 2013: une méthodologie claire pour interdire ou en tous cas réglementer la commercialisation…et ça traînait. La Suède s’est donc énervée. Et elle a attaqué l’exécutif européen contre « manquement à ses propres engagements ».

Bisphenol A
Bisphenol A © Sipa

Si la Commission a mis aussi longtemps, c'est à cause de la complexité scientifique du sujet! 2013, c’était trop ambitieux, osent même certains fonctionnaires de la Commission. « N’importe quoi » répondent les ONG. Les industriels ont tout fait pour ralentir les procédures.

Des demandes et des demandes et des demandes d’études d’impact notamment dont il fallait évidemment attendre les résultats.

Pour gagner du temps disent même certains, jusqu’à ce que le traité transatlantique, vous savez celui que l’Europe va signer avec l’Amérique du Nord, invalide bientôt toute législation.

Quoiqu’il en soit, la France a déjà pris les devants .Depuis le 1er janvier dernier, le bisphénol est strictement interdit dans tous les contenants alimentaires et, plus surprenant: les tickets de caisse. Dans les biberons, c’est interdit depuis 2010. Mais voilà, la partie n’est pas finie. Hier la Commission Européenne a mis un certain nombre de ses propositions sur la table, bien plus souples que ce que la France a mis en place.

Moralité: la loi française protectrice pour le consommateur pourrait donc tomber dès 2016.

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