En Suisse, un jet privé sur trois décolle à vide. Un vrai gâchis. Cela fait presque 40 000 vols sans personne pour profiter des sièges en cuir, de l’épaisse moquette et de la télé haute définition.

C’est une société américaine, Stellar Labs , qui a fait le calcul. Un calcul qui n'est pas complètement désintéressé puisque ces vols à vide sont devenus, il y a un an, son fond de commerce.

Elle met en ligne, sur internet, les appareils sur le point de décoller sans passager.

L’idée, c’est de permettre aux propriétaires de sous-louer leur jet et d’en amortir les frais, bref de faire des économies.

Aujourd’hui cette PME, basée en Californie, revendique 500 abonnés propriétaires de jet, et maintenant, elle regarde de près les viviers de foyers fortunés, pour leur offrir le même service, d’où cet intérêt pour l’autre côte des Alpes.

Stellar Labs pense aujourd’hui pouvoir y faire baisser son nombre de vols à vide de 15 à 35%, ce qui ne serait pas mal non plus, soit dit en passant, en terme de taxe carbone.

au moins 50 français dans l'avion d'air algérie disparu
au moins 50 français dans l'avion d'air algérie disparu © reuters

En France ,une des principales compagnies de jet privé s’appelle wijet , une flotte de six avions de luxe et huit millions de chiffre d’affaires l’an dernier.

Son jeune patron, Corentin Denoeud, m’expliquait hier qu’il vendait déjà un vol à vide par jour, grâce à la plateforme Cojetage . Il y propose de bonnes offres Certes on est loin d’easyJet : 500 euros le billet pour un vol Paris- Londres au lieu de 2400 normalement. Sans compter que Corentin Denoeud vient de signer avec une plateforme européenne OpenJet , concurrent direct de l’américain dont on parlait tout à l’heure.

On voit donc que l’économie collaborative commence à intéresser les super-riches et que le marché s’organise. Et que la législation favorise son développement. La DGAC, la Direction Générale de l’Aviation Civile ne trouve rien à redire au fait que les propriétaires de jets puissent faire des économies sur leurs allers et leurs retours en jet privé.

En revanche, il y a à peine un mois, cette même possibilité a été refusée aux plateformes comme Wingly , ou Coavmi qui proposent le même service mais en petit avion plus bas de gamme

Certes, cela pose des questions de sécurité légitimes. Mais y aurait-il deux poids, deux mesures, la question mérite aussi d’être posée.

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