Zoom ce matin sur une bataille qui se déroule depuis plusieurs mois maintenant, au sein de plusieurs grandes institutions européennes : elle porte sur une question majeure de santé publique.

Faut-il interdire ou non le glyphosate, un herbicide très efficace ?

Le glyphosate, si vous avez un jardin, c’est le désherbant de vos rêves. Vous aspergez les plantes dont vous voulez vous débarrasser, vous laissez agir, vous n’avez même pas besoin de retourner la terre.Il extermine la mauvaise herbe de l’intérieur en démolissant ses cellules. Et elle ne repousse pas.

Ce qui explique naturellement pourquoi elle est très prisée des agriculteurs qui s’en servent dans leur champs.

Prisée aussi des services des espaces verts des municipalités qui vous font grâce à elle des part-terre de fleurs et des ronds-points au cordeau. Ceci étant dit, il présente peut-être quelques risques, cet herbicide. Il lui faut en effet un mois et demi pour disparaître du sol, et il pourrait perturbait la pollinisation.

Toxique - toxic - danger
Toxique - toxic - danger © Teracreonte

Mais le principal défaut de ce produit idéal, c’est peut-être sa réaction un peu étrange quand il est mélangé aux nitrites des sols agricoles. Il ne serait pas impossible qu’il rende certains aliments cancérigènes.

D’où les conclusions de l’Organisation Mondiale de la Santé. Le 20 mars dernier, leCentre International de Recherche sur le Cancer rattaché à l’OMSa dissipé les doutes: le glyphosphate donne le cancer.

Et puis l’EFSA, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments a donné elle une réponse contraire le 12 novembre dernier.

Alors, sur un enjeu aussi important - le cancer c’est un décès dans le monde toutes les deux secondes -

comment les deux institutions arrivent-elles à des conclusions inverses ?

C’est que l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments s’est appuyée sur des rapports, écrit aussi par des producteurs de glyphosates, autant dire des hommes et des femmes à la fois juges et partis.

Peu importe, cela dit, si les hommes et les femmes de l’EFSA sont eux aussi impartiaux.

Mais c’est là que le bât blesse.

Comment s’appellent les experts de l’EFSA? D’où viennent-ils? Qui sont-ils? Sur les 73 qui ont participé à l’étude seuls 14 ont accepté de décliner leur identité.

Moralité : même si aujourd’hui rien ne permet de soupçonner ces experts de collusion avec l’industrie des pesticides, le manque de transparence alimente les doutes. Et les ONG montent au créneau, comme Greenpeace, qui remet en cause la fiabilité de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments.

En moins d’un an, c’est la deuxième fois qu’elle est soupconnée de proximité avec certains lobbys.

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