Pour ceux qui planchent en ce moment sur leur déclaration de revenus, sachez qu’il existe un crédit d’impôt très mal connu, réservé à ceux qui possèdent une forêt.

C'est un crédit d’impôt issu d’un amendement qui porte un joli nom : l’amendement Monichon.

Du nom de Max Monichon, ex Sénateur qui en 1959, a montré de quel bois il se chauffait.

Son calcul était le suivant : investir dans une forêt, ce n’est pas très rentable. Car il faut 100 ans pour faire pousser un chêne et 50 pour un résineux…

La plupart de ceux qui plantent les graines ne verront pas forcément pousser leurs arbres, d’où un régime fiscal particulier.

Les trois quarts de la valeur vénale de la forêt dans le cadre de l’assiette de l’ISF sont donc exonérés.

Et pour que ce ne soit pas qu’un chèque en blanc offert aux propriétaires de forêt, il y avait une exigence en échange : qu’ils exploitent le bois suivant un plan de gestion.

Mais voilà, il y a quelques mois, quelques voix, notamment à la Cour des comptes, ont cassé du bois sur cet avantage fiscal, un temps dans le collimateur Bercy, mais le Ministère des finances n’a rien touché, et l’amendement Monichon est resté.

Et en réalité, des propriétaires de forêt en France, il y en a 3 millions 500 mille, qui possèdent, en tout, 12 millions d’hectares dans l’Hexagone.

La plupart, 2 millions 500 mille sont propriétaires de moins de 4 hectares.

Mais pour les autres, les 500 mille restant (ceux qui possèdent plus de 10 hectares) il existe un autre avantage intéressant à connaître lors de la déclaration de revenus.

S’ils ont planté des arbres, élagué, construit une route qui traverse leur forêt ou installé des clôtures pour bloquer le gibier, ils ont droit à une défiscalisation à hauteur de 10 000 euros.

L’aide est plafonnée à 18% du coût des travaux pour un propriétaire s’il est seul, à 25% s’il travaille avec une coopérative forestière.

Pour l’Etat, ce crédit d’impôt représenterait 4 millions d’euros de manque à gagner. C’est l’estimation de Luc Bouvarel, président de la Fédération des Forestiers Privés de France.

4 millions que Bouvarel, évidemment intéressé dans cette affaire, juge ultra rentable pour que la forêt soit entretenue.

D’autant que, toujours selon Bouvarel, seuls 6000 à 7000 propriétaires pensent à déclarer cet avantage sur les 500 000 qui y auraient droit.

Alors vous êtes sûr de ne pas avoir un petit coin de forêt quelque part?

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