Nos voisins belges sont en pleine crise énergétique. Trois de leurs réacteurs nucléaires sont à l’arrêt forcé, s’il fait froid cet hiver, il est probable que les Belges se retrouvent régulièrement dans le noir.

pas d'augmentation du tarif de l'électricité au 1er août
pas d'augmentation du tarif de l'électricité au 1er août © reuters

Ce qui ferait du plat pays un pays à plat. Du coup le gouvernement belge a pris les devants en lançant une grande campagne « on-off » pour encourager, en flamand en français, la population à l’économie :

  • N’ouvrez votre frigo que si c’est vraiment nécessaire

  • Faites tout cuire dans la même poêle

  • Prenez les escaliers pas l’ascenseur

  • Lavez votre linge à froid

  • Ne laissez pas votre ordinateur en standby

  • Rechargez votre portable en mode avion, et j’en passe…

Mesure de prévention, donc, pour un risque de black-out bien réel, puisqu’un quart de sa production s’est arrêtée, entre 49 et 116 heures d’interruption. Tout va maintenant dépendre de la rigueur de l’hiver.

Du coup, Elia, le gestionnaire du réseau électrique, propose même au citoyen belge une carte assez sympathique: « pour savoir si vous aurez de la lumière cet hiver, cliquez ici »

Comment les Belges en sont-ils arrivés là?

Une série de poisses, si l’on peut dire: des micro fissures dans deux réacteurs, fermés depuis le mois de mars, et depuis fin août, une fuite d’huile dans un troisième. Du coup, sur les 7 réacteurs belges, vous n’en avez que 3 qui tournent.

Et si les températures chutent, que se passera-t-il ?

La vie quotidienne sera très perturbée: il faut penser que circuler en train, retirer de l’argent dans un distributeur automatique, sortir d’un parking remonter ses volets, tout ça sera limité en fonction du plan de délestage programmé qui sera mis en place en cas de grosse pénurie. Ces délestages auraient lieu en plein pic de consommation, entre 17 heures et 20 heures et entre 11h30 et 13 heures.

Dans ce cas de figure, les habitants seraient prévenus 24 heures à l’avance par la radio et la télévision, avant qu’ils retournent à l’âge de pierre. Evidemment, ça fait déjà grincer des dents. Les wallons et les flamands qui se jugent chacun plus victimes que les autres des coupures.

Pourquoi la Belgique n’importe-t-elle pas l’électricité dont elle a besoin?

Parce qu'il y a des limites physiques à ce qu’elle peut importer. Tout cela dépend du nombre et de la taille des lignes à très haute tension. Et puis il faut penser aussi que le prix de l’importation pourrait grimper très vite si la situation devenait tendue.

Pour éviter cela l’opérateur d’électricité a donc lancé à la télévision belge, il y a 15 jours, son indicateur en code couleur : vert orange rouge noir, la cote d’alerte de sa consommation… Avant, éventuellement, de plonger dans le noir.

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