internet du futur
internet du futur © Radio France

Jeudi dernier, Arnaud Montebourg et François Hollande ont défendu 34 plans industriels très innovants qui devraient permettre de créer ou de sauver 479 000 emplois.

En réalité, les innovations ont toujours été très en pointe en France, mais ce qui pêche, c'est la manière dont on les exploite. D'échecs en gâchis, c'est à se demander s'il n'y aurait pas une forme de malédiction des inventions à la française.

François Hollande a commencé par le dire : « La France est une Nation d'inventeurs » et c'est vrai. Vous saviez que l'inventeur de l'I-Phone était Français ? Jean-Marie Hullot dit, en 2001, à Steve Jobs, de mettre au point un téléphone. Et vous savez ce que lui a répondu Jobs ? "Bullshit!". Mais après, il a changé d’avis. Un peu plus tard, Jobs va confier à Hullot le soin de travailler sur le projet. Ce qu'il fait avec une petite équipe parisienne. Et il invente cette glissade géniale du doigt sur l'écran. Mais quand il s'agit de centraliser le développement de l'I-Phone aux Etats-Unis, Hullot préfère démissionner et il reste en France pour raisons familiales.

Du coup, qui sait qu'un Français est derrière l'I-phone? Personne.

-Combien sont-ils, comme Jean-Marie Hullot ?

Une demi-douzaine ces trente dernières années ! L'inventeur du premier micro ordinateur: c'est un Français. Le père fondateur d'internet ? Un Français. L'écran LCD dès les années 80 ? Des Français. Le premier lecteur MP3 ? C'est encore un compatriote, tout comme le Divx.

-Alors pourquoi ne connaît-on pas ces inventeurs géniaux ?

Ce qui est arrivé quelquefois ; c'est que les élites françaises ne croient pas aux innovations, qui finissent invariablement dans la besace d'étrangers.

Prenons l'exemple d'Internet. Quand, en 1971, Louis Pouzin, polytechnicien, invente le datagramme, en fait il met le doigt sur le protocole d'échanges d'informations par paquet de données: c'est le principe d'internet. Il se tourne vers la direction générale des télécommunications. Vous savez ce qu'on lui répond ? Qu'on ne sait pas facturer les communications. Donc, on oublie. Et l'Américain qui a finit par devenir le père officiel d'internet, Vint Cerf, a souvent rendu hommage aux travaux de Louis Pouzin.

Même chose pour le micro ordinateur: en 1973, soit 11 ans avant l'arrivée du Mac, François Gernelle vend le MICRAL. Il coûte 8500 francs et tient sur un bureau. Manque de chance, la firme qui le commercialise est avalée par Bull, qui enterre le projet et favorise IBM à la place.

  • Un contre-exemple : un succès à la Française ?

Il y en a un qui a touché le jackpot: 150 millions d'euros. C'est Roland Moreno, l’inventeur de la carte à puce. Ce rêveur, grand manitou de la carte Vitale, pionnier de la carte Vélib’, a tout fait breveter. Enfin il avait tout fait breveter, parce qu'il est décédé en avril l'année dernière, encore jeune: à 67 ans. Il y a donc vraiment de quoi se demander s'il n'y a pas une malédiction à inventer en France...

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