Une enquête réalisée par le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) confirme une tendance nette ces dernières années: face aux difficultés financières, pour se loger, ou face au chômage, la famille est devenue le premier rempart face à la crise. 51% des 18-24 ans estiment que c'est le seul endroit rassurant.

capture d'écran fim Tanguy
capture d'écran fim Tanguy © Radio France

En Europe, c'est devenu le quotidien d'un grand nombre de familles : cet adulte qui se cramponne au confort du nid parental, comme dans le film Tanguy d'Etienne Chattiliez. Il a beau avoir 28 ans, il préfère la servitude de la famille à une indépendance spartiate et il faut qu'il leur parle, pour leur dire qu'il reste avec eux encore un an et demi. Cauchemar absolu pour les parents.

Mais cette situation choisie par Tanguy pour des raisons de bien-être personnel est subie depuis 20 ans maintenant par 30% des 30-34 ans Italiens.

Même chose pour la moitié des jeunes Grecs et deux moins de 30 ans sur trois en Espagne. Pour tous, la famille est simplement devenue le super airbag social.

En France, au delà du logement, cela se traduit avant tout par des aides financières. L es chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon l'Insee, le flux des transmissions en 2012 entre parents et enfants aurait atteint 200 milliards d'euros, soit 10% du PIB. 15% des parents ont fait une donation à leurs enfants en 2010 ; c'était 9% seulement il y a 10 ans.

Et face à la question « vers qui vous retourneriez-vous en situation de chômage ? », 50% des Français répondent donc « la famille » dans l’étude du Crédoc.

La banque, l'Eglise ou l'Etat ne sont plus perçus comme des recours.

Le point positif, c'est que cela resserre les liens entre générations. Ma isquand la famille Providence remplace l'Etat-Providence, vous creusez d'autant plus les inégalités.

Face aux difficultés, vous avez ceux qui vont plonger et ceux qui auront ce filet de sécurité familial. D'ailleurs, il suffit de regarder le niveau de vie de ceux qui ont fait une donation en 2012 pour le comprendre : leur niveau de vie est 1,5 fois supérieur à celui de l'ensemble des Français.

Or, derrière cette générosité se cache une réalité alarmante: les baby-boomers sont en majorité plus riches que leurs enfants, même quand ces derniers travaillent, et même en CDI. On ne peut donc que s'interroger sur ce qui va se passer pour la génération suivante.

Enfin se pose la question du vieillissement des baby-boomers.

Le pire est sans doute à imaginer quand ils arriveront à l'âge de la maison de retraite.

Le cocktail crise économique/augmentation de l'espérance de vie/flambée des prix pourrait pousser un grand nombre à quitter leur emploi pour s'occuper à plein temps d'un proche malade.

C'est déjà le cas pour 8,5 millions de personnes en France. Ce sera peut-être alors le grand retour de Tanguy : coup d'arrêt à sa brillante carrière pour s'occuper de ses parents souffrants…

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