Alors que François Hollande veut renforcer les moyens effectifs de la police, de la gendarmerie, la justice, les douanes et l’armée. Comment trouver de l’argent sans totalement laisser filer les déficits ? Mardi, une manne opportune est tombée : une enveloppe de 2,8 milliards d’euros.

Ce trésor de guerre qui tombe à pic s’appelle les bien nommées « fréquences en or ». Des fréquences de 700 Méga Hertz qui permettent aux opérateurs de téléphonie mobile de déployer la stratégique 4G.

En deux jours seulement, l’ARCEP, l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques, en a vendu 6 blocs, aux enchères. L’Etat comptait y gagner 2,5 milliards d’euros. Espérances dépassées.

Grâce aux enchères le prix de chaque bloc de fréquence est passé de 416 à 466 millions d'euros ; l’Etat a donc gagné 300 millions d’euros en plus. Le total devrait être versé au budget de la Défense.

l'exposition aux radiofréquences doit être limitée, prévient l'anses
l'exposition aux radiofréquences doit être limitée, prévient l'anses © reuters

Tous les opérateurs que vous connaissez ont acheté, mais certains plus que d’autres : Orange et Free ont signé pour deux blocs. Chacun a donc déboursé 932 millions d’euros. Bouygues et SFR en ont chacun acheté un seul.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les opérateurs jouaient là tout simplement leur avenir. Ces fréquences en or présentent l’intérêt de mieux pénétrer les bâtiments. Essentiel pour installer le très haut débit.

Ce qui est également intéressant à observer, c’est que cette vente aux enchères a changé les rapports de force.

En ressort un grand gagnant : Orange, qui en plus a déjà une longueur d’avance sur les autres puisqu’il a décroché tout récemment le droit de tester la 5G sur le territoire de Belfort.

Dans cette opération, Free qui faisait figure de cancre avec 1% des zones rurales couvertes en 4G va pouvoir commencer à rattraper son retard.

Finalement, s’il y a un perdant dans cette affaire, c’est SFR, qui n’est pas un champion de la 4G et qui est en retard dans le déploiement de ses antennes.

Gagnant, perdants, là n’est pas la question. La bataille se déroule ailleurs : lutter contre le terrorisme grâce aux portables, pas seulement en les écoutant, il fallait y penser.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.