Les économistes américains se déchirent en ce moment aux États-Unis: fallait-il ou pas augmenter les salaires des salariés de la chaîne de supermarché Walmart?

« Save money. Live Better ». C’est le slogan des supermarchés Walmart. Le premier employeur du pays, aurait mieux fait de s’appliquer ce slogan à lui-même. C’est en tous cas ce que vous expliquent aujourd’hui certains analystes libéraux: Il aurait fallu économiser, plutôt que d’augmenter les salaires. La semaine dernière, le géant mondial de la distribution a annoncé une stagnation de ses ventes et des bénéfices en baisse, de 6 à 12%. Résultat, son cours de bourse a dévissé. Chute spectaculaire, de 9,32% mercredi dernier. Car en effet, l'augmentation du salaire horaire minimum de ses 500 000 salariés à 10 dollars en avril dernier (contre un peu plus de 7 dollars au niveau fédéral), a coûté à l’entreprise un milliard 300 millions d’euros.

Ce qui explique pourquoi Wall Street a frémi : Pour la bourse, Walmart a mis sa rentabilité en péril pour les salaires, au lieu de cajoler ses actionnaires.

Mais est-ce que c’est le cas? Est-ce que Walmart s’est vraiment mis en danger pour les salaires? On peut faire une toute autre lecture de ce qui vient de se passer. D’abord, la baisse des bénéfices de Walmart, n’est pas due seulement aux augmentations. Elle provient aussi des investissements faits par la compagnie dans le commerce en ligne pour concurrencer Amazon. Deuxième cause: la vente en ligne. Elle se fait en dollars: le dollar est fort en ce moment, donc là encore c’est un impact sur ce qui revient dans la poche de Walmart.

Ce qui est sûr c’est que cette polémique sur les augmentations de salaire arrive à point nommé pour démonter les revendications des salariés de la restauration rapide. Ils réclament depuis des mois un salaire de base à 15 dollars de l’heure . Pas sûr qu’ils l’obtiennent cette semaine.

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