Le dernier rapport sur les péages d’autoroutes a été dévoilé hier par l’Autorité de la Concurrence. Elle dénonce les tarifs excessifs de ces péages qui augmentent plus vite que l’inflation et la rentabilité excessive des sociétés d’autoroute.

Après cette petite semaine de 5-7 on a bien mérité notre week-end. Je vous emmène en Normandie, on prend l’A13, Paris Caen, on va voir la mer. Ah ! Premier péage:

péage
péage © Maxppp / Philippe Lavieille

Buchelay: 3,50 euros

Deuxième péage: Heudebouville: 3,50

Troisième péage: Bourneville 2,80

Beuzeville, c’est le plus cher: 3,90

Ah voici le dernier Dozulé: 3,40

Total pour ces 225 kilomètres d’autoroute: 17,10 euros, et ce n’est que l’aller. Tout ça, dans la poche de la SAPN. Une facture en augmentation constante ces dernières années, avec des prix pas forcément proportionnels aux distances, ni proportionnels aux coûts, que ce soit d’entretien, ou de sécurité.

Tout va donc très bien pour les sociétés d’exploitation

C’est justement ce que dénonce l’Autorité de la Concurrence. Escota Cofiroute, Eiffage, Vinci, ces sociétés exploitantes sont toutes dans le vert, avec une rentabilité nette entre 20 et 24%, bénéfices totalement reversés aux actionnaires.

Qui se retrouve lésé dans l’affaire? Les usagers qui sont les vaches à lait de cette affaire bien sûr, mais aussi l’Etat.

En quoi l’Etat est-il lésé ?

Parce qu’il a négocié un plan de relance autoroutier qui prévoit l’échange suivant: l’Etat délègue l’exploitation de ces autoroutes qui lui appartiennent en échange des travaux qui seront réalisés, donc, par les sociétés qui les exploitent. Sauf que les termes de cet échange sont totalement déséquilibrés. Et le pire c’est que ce contrat déséquilibré risque d’être renouvelé pour 6 ans.

Que propose l’Autorité de la Concurrence pour rééquilibrer la donne ?

D’abord de ne pas signer le renouvellement de la concession.

Ensuite, de ne plus indexer le prix des péages sur l’inflation, et surtout de baisser le prix des péages en fonction de l’affluence.

C’est ce qu’ont fait les Polonais cet été: devant le nombre de vacanciers sur les routes, ils ont tout simplement fait sauter les barrières de péages. Avec cette méthode on irait beaucoup plus vite en Normandie !

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