Une nouvelle façon d’innover venue des pays émergents débarque en Occident: c’est « l’innovation frugale ».

Il s’agit de faire plus avec moins et ce, dans tous les domaines de la chaîne de fabrication.

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Pouvez-vous imaginer ce matin l’objet, la machine que vous rêvez d’avoir au quotidien, mais qui n’existe pas? (Moi par exemple c’est un bras articulé qui viderait tout seul le lave-vaisselle ou qui suspendait le linge…).

L’innovation frugale, c’est ça : vous proposez l’idée et c’est l’entreprise qui la fabrique.

Fini le bureau aseptisé de Recherche et Développement qui invente un besoin auquel personne n’avait pensé. C’est ainsi qu’Auchan a récemment mis sur le marché un séparateur de jaune et de blancs d’œufs, ou encore une multiprise ajustable, déjà achetée par 600 000 personnes.

Comment le produit est-il arrivé dans ses rayons?

Grâce à la plateforme Quirky. Quirky.com, c’est tout simplement un site américain où tout le monde peut énoncer son idée géniale. Les consommateurs proposent, et Auchan réalise. Résultat : 120 jours pour passer du concept à la réalisation, contre 18 mois pour un parcours classique. 41 produits sont ainsi vendus par Auchan et 40% des bénéfices sont ensuite reversés à la communauté.

« L’innovation frugale », c’est maintenant un concept théorisé dans plusieurs livres. Car l’innovation frugale a un père :Navi Radjou. D’origine indienne, consultant en innovation dans la Silicon Valley, parfaitement francophone, il a théorisé c’est le « Jugaad », un mot indien qui veut dire grosso modo: « trouver des solutions dans des conditions hostiles, faire mieux avec moins ». En gros, c’est la débrouillardise comme modèle de croissance, ce que les grandes entreprises ne savent plus toujours faire, développe-t-il :

Ce concept d’innovation frugale est vraiment exploitable par les multinationales. Par exemple, la Logan de chez Renault : l’idée est née d’une voiture pour les marchés émergents. Et bien elle a connu un grand succès en Europe: Innovation frugale.

Pour 1 euro par mois, et grâce aux ONG, Nokia, en Inde vient de vendre une application aux fermiers qui leur permet de connaître la météo et le prix des cultures: là encore innovation frugale.

Lafarge, le cimentier, lui aussi s’y est mis pour adapter son ciment aux bidonvilles. On peut également citer Siemens ou General Electrics. Et l’idée est toujours la même: il s’agit d’observer les besoins avant de vendre. D’autant plus pertinent dans les marchés comme l’Afrique ou l’Inde, où le pouvoir d’achat est plus faible, mais les besoins très importants.

Navi Radjou sera l’invité du salon Environord à Lille les 11 et 12 juin prochains.

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