Jusqu’à maintenant la littérature semblait échapper au marketing et à la publicité.

Or, aux Etat-Unis, des romans s’y soumettent et c’est tout le business model des éditeurs américains qui est en train de changer.

« Si tu crois au destin comme j’y crois, moi, et que tu penses qu’il peut y avoir une chance, même infime, que nous soyons ensemble, alors trouve-moi, je suis à toi »

C’est un jeune homme beau comme un dieu qui prononce ces mots dont on imagine qu’ils vont faire chavirer le cœur de la jeune Mags Marclay, artiste de 24 ans un peu paumée à Los Angeles.

Voilà donc posée la trame de ce roman à l’eau de rose dont vous venez d’entendre le trailer, non parce que son adaptation pourrait sortir au cinéma, mais simplement parce que le roman est en soi un exercice innovant de marketing... à 400 000 dollars. La vidéo sur internet et l’acteur qui vous donne un avant-goût de l’histoire, n’en est qu’un des aspects...

Impression écran du site d'Hillary Carlip
Impression écran du site d'Hillary Carlip ©

Un autre aspect de ce marketing du livre, c’est le placement des marques dans les romans

Car s’il y a bien un produit que Mags adore tout au long de sa quête du prince charmant et donc au fil des pages, c’est son édulcorant, ces sucrettes qui permettent d’adoucir les aliments.

Et bien la marque revient en permanence au gré de l’aventure: « Sweet’n’low », un petit paquet rose qu’elle affectionne tant, qu’elle a peint ses ongles de la même couleur que la marque.

Et quand, toujours dans le livre, un ami lui demande si ces petites sucrettes ne seraient pas cancérigènes, l’héroïne répond, sûre de son fait, qu’il n’en est rien et qu’elle l’a vérifié sur internet.

Cette bienveillance à l’égard du produit dans les pages du livre a été sérieusement récompensée...

… par un investissement d'1,3 million de dollars (environ 1 million d’euros) dans le roman, de la part du producteur de la marque, la société Cumberland Packing Corporation, évidemment très intéressée par le procédé.

D’autres ont suivi. Il faut dire que l’affaire ne s’arrête pas là. « Find me I’m yours » (c’est le titre du roman) est accessible sur tablette, sur internet, c’est aussi un site qui renvoie vers une trentaine d’autres sites et réseaux sociaux.

Mais surtout, et c’est la trouvaille clé de l’auteur, Hillary Carlip, femme d’affaire redoutable, elle vous vend désormais des cartes électroniques à 6 euros avec code personnel.

Une carte mouchard, en quelque sorte, qui renvoie bien sûr à des sites partenaires et rapporte tous les comportements du lecteur à l’éditeur (quand il s’est arrêté, quand il a repris la lecture…), mais aussi aux marques qui seraient intéressées... cela s'appelle la lecture connectée!

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