Selon les conclusions sidérantes d'une enquête du Journal du Net, nos journaux (Le Figaro, Médiapart, l'Express et le Journal du Net le premier), seraient peuplés de faux chroniqueurs.

Ce qui a d'abord attiré l'attention du journaliste Nicolas Arpagian ce sont les photos de certains de ces chroniqueurs, consultants et autre seniors analystes.

Bizarre: Niklas Boden, qui, en deux ans, a quand même signé près de 30 fois dans Les Echos , a exactement la même tête qu'un ex joueur de tennis suédois : Niklas Kulti. D'ailleurs, c'est la même photo.

Prenons Quentin Riton: lui aussi écrit aux Echos . Chez eux, il est blanc, chauve et joufflu. Mais au Journal du Net , il a les cheveux noirs et les yeux bridés. Pas du tout le même. Très Bizarre.

Quant à Manuel Priost lui aussi, souvent présent dans les colonnes du quotidien économique, il a tout simplement choisi son portrait sur un site de partage de photos. Bizarre, bizarre.

A première vue, leurs centres d'intérêts sont toujours économiques, mais le champ est assez vaste. Quelques titres: "L'Industrie agroalimentaire tente de rassurer les consommateurs" ; "Crise, les Français misent sur la science et les PME" ; ou encore "Pourquoi l'économie mondiale court à la catastrophe".

C'est toujours assez bien tourné, argumenté, intelligent et à première vue, parfaitement inoffensif.

Sauf que le quand on y regarde de plus près, et c'est ce qu'a fait Nicolas Arpagian, on découvre un peu trop régulièrement les mêmes noms d'entreprises…

Revient souvent la très sélect et discrète Banque Saint Olive, mais aussi KPMG, la Banque publique d'investissement, les entreprises du Médicament, Numéricable, Vivarte, et vous avez même un pays : l'Ukraine.

Ces "marques" si l'on peut dire, sont toujours citées de manière extrêmement positive et font même l'objet d'éloges. Et quand ce n'est pas le cas, ce sont leur concurrents qui en prennent sérieusement pour leur grade.

Enfin, il y a toujours un lien opportun qui permet d'augmenter leur référencement, c'est à dire les articles qui apparaissent quand on parle d'eux, en bien.

- Ces marques seraient derrière la manipulation?

Quand j'ai appelé la mystérieuse Banque Saint Olive, il y avait une gêne évidente. On m'a expliqué que le responsable était en réunion toute la semaine nuit et jour et que de toutes façons, il n'avait pas eu le temps de préparer sa réponse.

Autre curiosité, il y a eu un avant et un après l'enquête du Journal du Net . Avant l'enquête, sur le site du Nouvel Obs , vous avez la phrase suivante: « bénéficier de l'expertise et des possibilités financières offertes par des banques comme la Banque Saint Olive ». Après, coup d'éponge : le nom disparaît purement et simplement. Ce qui donne une phrase un peu bancale: « bénéficier de l'expertise et des possibilités financières offertes par des banques comme... la Banque ». Ah. Il manque quelque chose !

En fait, rien ne permet de prouver que les marques font sciemment leur publicité. En revanche, il n'est pas exclu que certaines entreprises de relations presse le fassent pour elles.

  • En a-t-on des preuves ?

Là encore, c'est leJournal du Net , première victime des usurpateurs, qui a levé un loup. Un jour, un dénommé Henry Maggi a frappé à leur porte du journal. Soit disant journaliste. Très vite démasqué. Et il a avoué: il était payé par les dirigeants d'Educadis.fr, un site de formations en ligne, pour en dire du bien dans ses articles.

  • Comment réagissent les journaux ?

Ils ont commencé à faire le ménage: L'Express a éliminé le profil de Marc Chevrier, faux thésard de l'université de Tbilissi. Et si vous allez sur les chroniques du fameux Niklas, le joueur de tennis des Echos , elles se terminent par cette petite phrase: "La publication d'un article du JDnet, met en cause la qualité de ce contributeur."

Les liens

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