Le gouvernement lance -c’est une première- un « comité stratégique de la filière bois ». Objectif : remettre une feuille de route d’ici à la fin juillet pour que la forêt française soit mieux exploitée.

Forêt de Chaux
Forêt de Chaux © Bernard Girard

C’est le grand paradoxe de la forêt française : c’est la troisièème d’Europe après la Suède et la Finlande, elle emploie plus de monde que la filière automobile (avec 400 000 emplois), mais elle ne pèse que 50 millions d’euros par an et surtout, elle aggrave chaque année le déficit de la balance commerciale : 6 milliards d’euros, c’est le deuxième poste déficitaire de la balance commerciale après le pétrole.

Car la France sait entretenir ses forêts, elle sait en tirer du bois d’une très grande qualité, mais ensuite, ça pêche.

Elle vend la matière première, mais ne sait pas la valoriser, c'est-à-dire le transformer en chaise, en bois, en table etc. Bref, tout ce qui va permettre d’en tirer de la valeur ajoutée.

Résultat : ce sont les Chinois, mais aussi d’autres nationalités qui raflent la mise, comme a pu le constaterLuc Charmasson, l’homme mandaté par trois ministères (industrie, Agriculture et Logement) pour mettre de l’ordre dans la filière :

Les industriels du bois en France se plaignent que nos forêts sont trop feuillues.

Les forêts françaises c’est 70% de feuillus chênes hêtres merisiers etc. et 30% de résineux. Or, ce qu’ils veulent c’est du bois clair, du résineux, comme les belles cuisines nordiques parce que c’est à la mode. Ils réclament donc plus de plantations de ce type d’arbres et en attendant, ils importent d’Autriche, d’Allemagne, de Suède et de Finlande. Ils estiment ainsi à 25 000 le nombre d’emplois qui pourraient découler de ce changement de production et de stratégie.

Le secteur a été inscrit sur la liste des 34 filières prioritaires de la « nouvelle France industrielle » voulue par le gouvernement. Concrètement, cela va se traduire, comme souvent en France, par des incitations fiscales.

Il y a des milliers de propriétaires de forêts qui, parfois, s’ignorent.

L’idée du gouvernement, c’est donc de leur offrir des ristournes sur leurs feuilles d’impôt quand ils décident d’exploiter leurs arbres pour les encourager à « sortir du bois » au sens propre comme au figuré !

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