Le 1er juillet dernier, le gouvernement a mis en place une mesure pour rembourser les salariés qui vont travailler à bicyclette. Un dispositif assez simple en apparence, sauf que le décret d’application pour le mettre en œuvre n’est toujours pas sorti.

« Je veux faire du vélo! » chantait Freddie Mercury en 1978. Nous voilà presque 40 ans plus tard et se faire les mollets en allant au boulot est en passe de devenir rémunérateur. Un petit peu.

Le 1er juillet dernier, le gouvernement a adopté une mesure qui vous indemnise quand vous prenez votre bicyclette pour aller travailler. Il a ensuite fallu 3 mois pour que le gouvernement se mette d’accord sur le montant de l’indemnité kilométrique.

Il y a un mois, Ségolène Royal parlait de 12 à 15 centimes du kilomètre, ce qui n’était franchement, pas très cher payé. Devant les protestations des fédérations d’usagers, revalorisation : l’indemnité kilométrique est passée à 25 centimes du kilomètre. La somme a été donc été arrêtée et elle fait l’unanimité.

Concrètement, si vous faites 6 kilomètres aller, 6 kilomètres retour de chez à vous à votre travail, cela fait 12 kilomètres. 12 kilomètres multipliés par 0,25 ça fait donc 3 euros par jour. Si vous travaillez 5 jours par semaine, cela vous rapporte 15 euros par semaine et si un mois compte 4 semaines, c’est 60 euros par mois dans votre poche, versés par l’employeur.

Et l’employeur qui le met en place y trouve lui-même un avantage puisqu’il bénéficie ainsi d’un avantage fiscal. D’ailleurs, il peut même aller plus loin pour faire baisser l’impôt sur sa société. S’il transforme son équipe en peloton, en lui mettant gratuitement une flotte de bicyclettes à disposition (cela figure dans la loi sur la transition énergétique), là encore, il a droit à un avantage fiscal.

Tout cela paraît bien engagé, alors pourquoi est-ce si long à mettre en œuvre ? Au Ministère des Transports, on m’explique que c’est parce que c’est entre les mains de Bercy. Chez Emmanuel Macron, pas de réponse.

Pas de réponse là-dessus, comme sur une série de questions que pose la fédération des usagers des banques.

Pourquoi cette mesure n’est-elle pas obligatoire? Comme pour le remboursement des titres de transports?

Pourquoi seul le privé serait-il concerné et pas les fonctionnaires? Est-ce que ce sera exonéré de cotisations sociales? De l’impôt sur le revenu? Pourquoi plafonner la distance parcourue à 100 kilomètres tous les mois?

Et puis pourquoi ne pas en avoir profité pour remettre une selle une autre idée publiée pourtant par décret après le Grenelle de l’environnement : l’installation d’emplacements pour les vélos dans les bâtiments neufs? Bref, tout ça donne, alors que la COP 21 va s’ouvrir à la fin du mois de novembre, l’impression d’un coup de pédale un peu mou.

Pour se motiver, j’ai peut-être une idée pour motiver les troupes à Bercy : regarder le clip de la chanson de Queen !

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