Nous vous avons beaucoup parlé sur l’antenne d’Inter des commémorations de la bataille de Waterloo, 200 après la défaite de Napoléon. Après les 100 jours, Napoléon s’en remet aux Anglais qui le déportent à Sainte-Hélène. Et on part à la découverte d’un produit rare et cher fabriqué à l’époque sur l’île : un produit qui existe toujours aujourd’hui.

Le moulin à café de "Qu'est-ce qu'on va en faire ?"
Le moulin à café de "Qu'est-ce qu'on va en faire ?" © Radio France

Avez-vous une idée de ce qui a permis à Napoléon de supporter cet exil, de tenir le coup, isolé de tous dans cette maison de Longwood, au beau milieu de l’Atlantique sud?

De comment il a enduré les alizés, le brouillard, la pluie alternant avec un soleil ardent?

De comment il a fait face aux humiliations quotidiennes infligées par Hudson Lowe, le gouverneur de l’île qui lui refusait le titre d’Empereur et lui donnait en permanence du « Général Bonaparte »?

Grâce au Café Helena. « Le seul aspect positif de Sainte-Hélène, c’est le café » aurait déclaré l’Empereur à l’époque. Nous voilà deux siècles plus tard et ce café existe toujours: c’est l’un des plus chers au monde (le 3e exactement): le Helena Coffe, 69 euros le paquet de 250 grammes.

Qu’est-ce qui justifie un prix aussi édifiant?

Pas la pub que lui a fait Napoléon. La rareté et la qualité. Ce café, d’origine yéménite, les spécialistes s’y accordent est effectivement considéré comme un des meilleurs au monde. Pourquoi ? Essentiellement parce qu’il offre un arabica spécial.

Le grain magique, diront les producteurs: « le green tipped Bourbon ». C’est un grain dont le patrimoine génétique n’aurait pas bougé depuis 1732. Merci au grand isolement de l’île. Rareté due aussi aux difficultés d’acheminement: c’est la UK Royal Navy qui l’achemine en Europe, grâce à son unique traversée mensuelle.

Et sa rareté ? Pour vous donner une idée, quand tout va bien sur cette petite île, la production peut atteindre une à une tonne et demi par an. Mais en 2015, la production n’a pas dépassé les 270 kilos à peine une goutte si on la compare à la production mondiale de café (8,5 millions l’an dernier).

Et il est d’autant plus rare, ce café, qu’il a failli devenir inaccessible, puisque l’entreprise qui le vendait déjà très cher au grand magasin Harrods a mis la clé sous la porte il y a une demi-douzaine d’années. Finalement c’est Solomons, une société publique, qui a fini par reprendre les plantations et compte bien s’étendre.

Ce qui veut dire qu’on aura peut-être la chance d’en goûter. Aujourd’hui en France on le trouve à la maison Verlet, très chic institution parisienne du café située rue Saint-Honoré à Paris. Cette petite récolte de 270 kilos a été répartie entre 5 torréfacteurs dans le monde. La maison Verlet a décroché un sac de 50 kilos à torréfier.

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