Plombier polonais
Plombier polonais © Polska

40.000 patrons de la fédération française du bâtiment ont signé une pétition pour appeler à lutter contre la concurrence déloyale du "plombier polonais", ce travailleur détaché autorisé à travailler en France aux conditions sociales de son pays d'origine.

Tout le monde le connaît, le plombier polonais. C'était l'incarnation du salarié low-cost, accusé de casser le marché du travail et victime du dumping social. Il était né d'une directive européenne en 2005, la directive Bolkestein, sérieusement amendée après les protestations de la France et de la Belgique, mais signée quand même.

Il s'est fait discret depuis quelques années et il a plusieurs visages: il vient toujours d'Europe de l'Est, mais il est maintenant aussi bien roumain, Bulgare, qu'Ukrainien . Et les chiffres augmentent : de 5.900 en 2004, ils sont passés à 63.000 en 2011, et ils seraient plus de 300.000 aujourd'hui, selon l'estimation la plus vraisemblable.

Mais le travail au noir est si répandu dans le bâtiment, le transport et l'agroalimentaire, qu'il est difficile d'obtenir les chiffres exacts.

Pour embaucher ce type de salarié, rien de plus simple . Allez sur internet et tapez : "interim+ Pologne". Voici le genre de message qui s'affiche: « Nous vous proposons de mettre à votre disposition des ouvriers et techniciens qualifiés et expérimentés. Nos salariés, principalement polonais, ont déjà travaillé sur de nombreux chantiers en Europe et en France. A partir d'une équipe de 3 personnes nous vous garantissons un interlocuteur en français. »

Résultat : vous pouvez très bien vous passer du SMIC et des 35 heures. Voilà, votre salarié à 2,86 euros de l'heure au lieu de 9,43 euros, le Smic horaire français. Salaire net à la fin du mois : 410 euros.

C’est légal, et l'Union européenne voulait même aller plus loin. La Lituanie veut supprimer la responsabilité du donneur d'ordres en cas de bavure : hors de question pour les Espagnols, les Luxembourgeois, les Hollandais, la France et la Belgique qui ont décidé ensemble de faire barrage à cette nouvelle liberté pour les dirigeants d'entreprise.

Et la contre-offensive s'organise sur le terrain.

En Belgique par exemple, des patrons et un syndicat ont même monté ensemble une d'investigation pour démasquer, caméra au poing, les pratiques des sociétés polonaises. En France, la CGT distribue des tracts sur les chantiers rédigés dans plusieurs langues de l'Est pour sensibiliser au problème. Donc vous voyez : on n'a pas fini d'en parler et vous pouvez être sûrs que la petite chanson du plombier polonais va, à coup sûr, animer la campagne des prochaines élections européennes en mai prochain.

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