Un an après l’amende record infligée à BNP Paribas, les États-Unis ont trouvé de quoi investir l’argent versé par la banque française (6,6 milliards d’euros). En juin dernier, la banque avait été reconnue coupable d’avoir violé les sanctions américaines contre l’Iran, Cuba et le Soudan, et falsifié ses comptes.

bnp paribas va devoir s’acquitter d’une amende de 8,9 milliards de dollars aux états-unis
bnp paribas va devoir s’acquitter d’une amende de 8,9 milliards de dollars aux états-unis © reuters

Et voici l’homme qui a empoché les six milliards 600 millions d’euros d’amende versés par la BNP :

Celui qui a réalisé le casse du siècle en costume cravate, et en toute légalité. Cyrus Vans Junior, district attorney de l’État de New-York, l’équivalent d’un substitut du procureur français doublé de certains pouvoirs du préfet de police.

Physiquement, c’est une sorte de Steve Mac Queen de l’affaire Thomas Crown, avec mèche blonde et demi sourire en coin et… quelques kilos en plus.

Et bien aujourd’hui, grâce à lui, les ordinateurs des bureaux de la police Manhattan ainsi que les nouveaux locaux ont été financés par BNP PARIBAS qui, par le biais de l’amende qui lui a été infligée, finance l’un des plus grands projets de sa carrière: la cybersécurité des banques américaines et londoniennes.

Le groupe va s’appeler Global Cyber Alliance et rassemble déjà plusieurs géants bancaires : Citigroup, US Bancorp , American Express , l’assureur AETNA et bien d’autres.

Une tête, la Global cyber alliance, se trouvera à New York, et l’autre se trouvera à la City de Londres, où la police passera au crible et en temps réel toutes les données des entreprises à la recherche des attaques potentielles. Pour les anticiper, les prévenir et les déjouer.

Un an après, comment la BNP se relève-t-elle de cette punition américaine ? Très bien . Les résultats trimestriels sont bons, sauf que la BNP se comporte maintenant comme un repris de justice, très soucieux de ne pas retomber et c’est sans doute pour le mieux.

Sa filière suisse, l’officine qui travaillait à l’abri des montagnes, achetant du pétrole et du gaz aux pays ou à des organisations douteuses, voit par conséquent son avenir s’assombrir et ses moyens réduits.

En résumé : pas question, pour la direction, de cautionner un éventuel achat de baril à Daech, même à dix dollars. Fini le flirt permanent avec la ligne jaune, voire rouge, de la banque.

« Si nous ne savons pas, nous ne faisons pas » résumait récemment le patron de la banque Jean-Laurent Bonnafé, au journalLes Échos . En attendant, les traders suisses quittent le navire en nombre. Mais ça, c’est une information que la banque ne commente pas pour l’instant. Et Cyrus Vans Junior non plus !

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