Aujourd’hui la fondation Terra Nova classée à gauche publie une note sur l’évolution des prix de l’immobilier en France ces 20 dernières années.

baisse des prix de l'immobilier à paris et dans le reste de la france
baisse des prix de l'immobilier à paris et dans le reste de la france © reuters

L’auteur de cette note que nous nous sommes procurée avant sa sortie dénonce une exception française en la matière…

Denis Burckel commence par un rappel de chiffres absolument effarants entre 1995 et 2007, les prix immobiliers ont augmenté de 150% en France. Mais là n’est pas l’exception française.

D’autres pays de l’OCDE ont connu exactement la même flambée :150% aux Etats-Unis durant la même période, et 200% en Espagne jusqu’en 2008.

Dans ces pays, les prix ont ensuite de nouveau baissé. Mais pas en France et c’est là que l’Hexagone se distingue . D’abord, selon l’auteur du rapport, pour des raisons sociologiques. En France la pierre est plus qu’ailleurs une valeur refuge. Refuge comme garantie d’une retraite incertaine. Refuge comme placement financier et enfin même comme rempart à d’éventuels déboires conjuguaux.

La deuxième raison dit Burckel, est politique. C’est une critique assez virulente des mesures prises par Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat, critique qui n'est que peu surprenante venant de Terra Nova, un club ouvertement de gauche.

Selon Terra Nova, le fait de soutenir l’accès au logement par de l’argent public, par le biais d’avantages fiscaux, aurait surtout alimenté les vendeurs et pas les acheteurs.

Et le rapport va plus loin : le prix élevé de l’immobilier aurait un impact grave sur l’économie française toute entière.

D'abord sur les salaires. Puisque le logement pèse sur le budget des ménages, les salariés demandent un salaire plus élevé ce qui finit par peser sur la compétitivité et donc sur les prix.

Deuxième dérive : l’épargne est orientée vers l’immobilier plutôt que vers le financement des entreprises. Les économies vont donc nourrir la rente foncière, et le prix des terrains augmentent. A cela s’ajoute une dernière raison pointée par Brucker : c’est que les maires n’ont aucun intérêt à ce que ça change. Les solutions proposées passent inévitablement par les pouvoirs publics, puisqu’ils sont derrière la décision de construire ou non. L’idée serait donc d’attribuer ce pouvoir à l’intercommunalité et pas au maire.

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