Les parlementaires débattent en séance publique sur les conclusions du rapport du Sénateur Les Républicains de Paris Philippe Dominati, sur les moyens consacrés au renseignement intérieur en France.

En octobre dernier, Philippe Dominati tirait la sonnette d’alarme : il y a trop d’organismes de sécurité et de renseignement ! DGSE, DGSI, DRM, DRPP, EMOPT, SAT, SCRT, SDAO, SDAT, Tracfin et UCLAT doublonnent légèrement...

Et souvent, ils se tirent dans les pattes. Mais en plus, certains rouages essentiels manquent de moyens et donc d’argent public.

la dgse aurait accès depuis longtemps aux réseaux d'orange
la dgse aurait accès depuis longtemps aux réseaux d'orange © reuters

Le sénateur plaide donc pour un regroupement de certains services. Il réclame aussi une rallonge budgétaire de plusieurs millions d’euros. A l’époque, personne ne l’écoute, le budget est voté, et Philippe Dominati fulmine tout seul dans son coin quand il voit l’augmentation des moyens alloué à l’intérieur : + 0,9% et 1600 emplois supplémentaires alors que la culture en prend 4 %.

Arrive ensuite le 13 novembre, et tout à coup ses revendications sont écoutées. Amendement glissé dans le projet de loi de Finances : 330 millions de rallonge pour le Ministère de l’Intérieur, des moyens cruciaux, notamment en région , Dominati le raconte très bien dans son rapport. En région vous avez deux services de renseignement qui se font concurrence : celui des policiers, le SCRT, et celui des gendarmes, le SDAO .

Les deux sont chargés de repérer les individus au comportement suspect qui planifient des départs en Syrie par exemple. Deux organisations essentielles donc pour éviter certains passages à l’acte.

Dominati donne l’exemple d’un département où treize agents se partagent un ordinateur relié à internet. Au vu de cet exemple on voit bien l’urgence de cette cagnotte de 330 millions, pour acheter des ordinateurs et même des voitures…

Mais comment est ventilée cette rallonge ? Le parlementaire n’est pas en mesure de le savoir. Autant pour la DGSE ( la Direction générale de la Sécurité Extérieure), côté Ministère de la Défense, vous savez quel est le montant du budget.

Autant pour la DGSI, la sécurité intérieure, les moyens sont noyés dans le budget global du Ministère de l’Intérieur.

Exemple : en 2015, 1 milliard 145 millions d’euros ont été alloués à « l'ordre public et à la protection de la souveraineté »;

Alors sur ce milliard, combien pour les ordinateurs ? Combien pour les voitures ? Combien pour les salaires et les recrutements ?Tout ce que Dominati a pu constater c’est que l’argent allait à 90% pour les salaires 10% pour les moyens.

Pour le reste il résume l’opacité d’une formule: « mutisme budgétaire. » Il en sera évidemment question cet après midi dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg.

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