Il existe des entreprises où le bonheur des salariés est un objectif qui compte ! Arte propose ce soir une immersion dans le monde merveilleux du « bonheur au travail ».

C’est un documentaire qui donne le sourire ET qui fait réfléchir sur l’organisation du travail . En France, aux États-Unis, en Allemagne ou encore en Inde, Martin Meissonnier vous emmène dans les entreprises dites « libérées » : celles qui ont mis un grand coup de pied dans la hiérarchie pyramidales.

Le principe : faire confiance à ceux qui font, et ne pas multiplier les contrôles, les « reporting », l’évaluation des salariés. Supprimer les « bullshit jobs » (l’expression de l’anthropologue David Graeber), les « emplois à la con », ceux qui ne servent à rien. Bref, c’est la fin des « petits chefs ». Une DRH belge le dit dans ce film : le plus gros problème ce sont « les petits chefs avec de gros égos » ! D’ailleurs cette directrice des ressources humaines préfère qu’on la présente comme la « directrice générale du bonheur ».

Quelle est la recette du bonheur au travail ?

Il y en a beaucoup, évidemment. Le télétravail, des assouplissements sur les horaires (chacun aménage sa journée), sur l’espace de travail, on motive également les salariés en les associant financièrement à la réussite de l’entreprise.

Le documentaire nous conduit notamment chez Poult, usine de biscuits à Montauban où l'on a supprimé les contremaitres et les chefs de lignes : quand il y a une décision à prendre, de petits groupes de travail se mettent en place. On donne des responsabilités aux ouvriers et cela les rend heureux ! Les cadres à qui cela ne convenait pas sont partis, tout simplement. Et l’entreprise, figurez-vous, se porte bien.

Autre exemple en France : la société Favi, qui fabrique des pièces automobiles. Chez Favi, il y a une urne à l’entrée du l’usine, dans laquelle tout le monde peut glisser un petit papier s’il a une idée pour gagner en efficacité. Des choses très concrètes : tous les deux mois, les salariés votent pour la meilleure idée, la mettent en place, et son auteur reçoit une prime. C’est tout simple, et ça change tout.

Les administrations publiques, aussi, sont concernées . Le ministère belge de l’Environnement, par exemple :

Voilà, il existe des salariés qui évaluent leur chef, et même d'autres qui élisent leur patron !

Un documentaire simpliste ?

Non, il montre aussi les grosses difficultés qui surgissent avec ces nouvelles formes de management. Supprimer la pointeuse, par exemple, pour donner plus de souplesse au salarié, pour le laisser libre de ses horaires à condition qu’il remplisse ses objectifs , c’est aussi une manière de revenir sur les acquis sociaux et sur la mesure du temps de travail. Parce que remplir les objectifs implique souvent de travailler le soir, la nuit, le week-end. Et là, il n’est pas évident que ça rende heureux !

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« Le bonheur au travail » : documentaire de Martin Meissonnier ce soir sur Arte à 20h50, en partenariat avec France Inter, également disponible sur le site d’Arte pendant deux mois.

> Bande annonce du documentaire sur Arte "Le Bonheur au travail" :

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