Hier la "Coop FR" qui regroupe la majeure partie des coopératives françaises a présenté des résultats qui pourraient le laisser penser: elles emploient de plus en plus de monde (4,5% de la population active en 2012).

Et leur chiffre d’affaires ne cesse d'augmenter (plus de 298 milliards d’euros en 2012: en hausse de 10 milliards par rapport à l’année 2010). Ces chiffres tombent très bien pour Benoît Hamon, qui défend le projet de loi ESS (Economie Sociale et Solidaire), une loi qui repasse prochainement au Sénat en deuxième lecture.

Comment fonctionne une SCOPE? Illustration de ce mode de fonctionnement alternatif: l'imprimerie d'Hélio Corbeil à Corbeil-Essonne en région parisienne.

Imaginez un syndicaliste de la CGT qui devient patron.

Symboliquement, c'est une inversion des rôles quasi schizophrénique. C’est pourtant ce qui s'est passé à l’imprimerie Hélio Corbeil : après un énième plan social il y a deux ans, les salariés ont décidé de reprendre eux-mêmes leur entreprise. Ils y ont versé leur prime de licenciement et leur 13e mois, et mis à leur tête leurleader syndical Bruno Arrasa . Il a donc oublié ses complexes de côté, et pris les rennes :

Aujourd’hui, l'entreprise se porte bien. Après 10 ans de pertes financières, l'imprimerie a renoué avec les bénéfices, il y a deux ans. En 2013, le chiffre d'affaire, même s'il a un peu baissé, s'est quand même élevé à 15 millions d'euros, ce qui est honorable dans ce secteur en crise et très concurrentiel. Bruno Arrasa a même embauché trois personnes, ce qui n'était pas arrivé, là encore, depuis plusieurs années.

Comment expliquer le succès relatif de la scope ? D'abord, dit Arrasa, l'implication des salariés y est pour beaucoup. Ils sont tous propriétaires d'une part de l'entreprise et tous amenés à voter soit en faveur de nouveaux investissements, soit pour se redistribuer les bénéfices. Des choix qui demandent beaucoup de pédagogie en amont : c'est le rôle du nouveau syndicaliste, Gérald Danser :

Pour se donner une chance dans les cinq ou dix prochaines années, ils ont décidé de tout miser sur la valeur ajoutée de leur papier. L'objectif, c'est de proposer à leur clients une offre adaptable selon les clientèles, et complémentaire aux tablettes numérique. Un pari qu’ils veulent tenir.

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