« Grizzly », c’est l’histoire d’une famille Grizzly en Alaska: Sky, Amber et Scout. Vous allez me dire que c’est un documentaire pour noctambules insomniaques sur la chaîne Nature, et bien NON : c’est le dernier Disney à l’affiche et en salles: 380 000 entrées en France l’an passé.

Autre exemple d’un tout autre genre qui engrange des résultats assez dignes dans le domaine du documentaire :

« Le Sel de la terre »: film de Wim Wenders sur le regard du photographe Sebastiao Salagado: 245 000 entrées en salles depuis sa sortie en octobre et toujours à l’affiche.

Et puis sur la troisième marche du podium, on en trouve un dernier: « La cour de Babel » :

Le parcours de collégiens de toutes nationalités qui arrivent en France : 190 000 entrées.

Tout ça pour vous dire que depuis 10 ans, on n’avait jamais autant trouvé de documentaires dans les salles de cinéma :100 au total l’an dernier. C’est 15% des films produits dans l’année et cela rapporte 21 millions d’euros, c’est donc un marché très dynamique.

Pourtant, ce n’est pas là au cinéma que le documentaire marche le mieux. Mais c'est à la télévision !

« Rendez-vous en terre inconnue », Frederic Lopez sur France 2, c’est le carton absolu : 6,8 millions de téléspectateurs. L’an dernier Gérard Jugnot chez les Chipayas en Bolivie, Mélissa Theuriau, chez les Maasaï de Tanzanie, Arthur chez les Quechuas au Pérou, ont passionné au-delà des frontières.

« Rendez-vous en terre inconnue », c’est LA meilleure audience de documentaire toutes nationalités confondues.

Les audiences sont bonnes, mais paradoxalement les investisseurs se font plus rares.

Entre 2013 et 2014 les investissements ont chuté de 15% et les productions de documentaires ont baissé dans la même proportion. Toutes les chaînes de télévision ont réduit leurs financements, même si Arte reste sans surprise le plus généreux dans ce domaine.

Donc effectivement, vous avez parlé d’un paradoxe: un intérêt et un public d’un côté, mais des investissements en baisse de l’autre, c’est très révélateur. On voit bien que ce qui pêche, ici, ce sont les diffuseurs.

Salles, télévisions l’avenir n’est pas là. Le documentaire c’est la pépite que vont commencer à s’arracher les distributeurs de contenu en streaming, par exemple, ou bien sur les plateformes de vidéo à la demande de type Netflix. Les Masaï et les grizzlys ne vont plus être tranquilles très longtemps.

> Le marché du documentaire, « Sunny side of the docs », se tient en ce moment à la Rochelle jusqu’à jeudi.

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