Bernard Cazeneuve, le Ministre de l’Intérieur, l’a évoqué à plusieurs reprises ces derniers jours, les événements de Bruxelles devraient imposer une nouvelle législation sur le commerce des armes en Europe.

Et la directive de 2008 mériterait d’être dépoussiérée.

Les Ministres de l’Intérieur européens doivent se réunir aujourd’hui à Bruxelles pour relancer les dossiers du PNR et du contrôle renforcé sur les armes.

Imaginons que j'achète une arme en Belgique et que je désire la rapporter en France... En théorie, il me faut un certificat de propriété, et je dois me signaler aux autorités françaises. Mais, si je traverse la frontière en voiture, rien ni personne ne m’oblige à le faire.

Alors, comment les autorités françaises peuvent-elles savoir quel matériel entre dans le pays ? Ils ne le peuvent pas.

Autre faille : admettons que vous ayez acheté une arme il y a un peu plus de vingt ans... Au bout de ce temps de propriété, il n’y a plus de traçabilité. Votre fusil ou votre pistolet peut toujours tuer bien sûr, mais il est considéré comme étant un objet de collection.

Un exemple : après la tuerie de l’école juive à Toulouse en 2012, les enquêteurs se sont rendus chez Mohamed Merah. Et qu'ont-ils trouvé ?Un pistolet Remington de 1942 et un pistolet mitrailleur fabriqué pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Autre exemple : en 2015, à Paris, même scénario. Chez l’un des tueurs de Charlie Hebdo , on retrouve des fusils d’assaut datant des années 1960. Des pistolets fabriqués dans les années 1940 et 1950.

Là encore, l’obligation de déclaration avait touché sa date de péremption.

Sauf qu’une arme n’est pas un bien de consommation comme un autre. Même si certaines peuvent être considérées comme inoffensives. On peut tout à fait légalement acheter des armes à blanc, pour le simple plaisir du bruit que ça va faire. Mais revenons un peu plus d’un an en arrière : en janvier 2015, que retrouve-t-on, à nouveau sur les terroristes de Charlie Hebdo ?

Main portant un revolver.
Main portant un revolver. © Laurent Hamels/AltoPress/Maxppp

Deux fusils de ce type, dont il a suffit d'enlever deux goupilles pour qu’ils deviennent mortels … Sans parler des armes qu’on peut se procurer si facilement sur internet.

Il y a quelques mois, je vous racontais comment deux journalistes du Guardian avait réussi à se faire livrer des armes de poing par Amazon. La semaine dernière, le Parlement Européen s’est donc saisi de cette question : rafraîchir la règlementation européenne au regard des attentats.

Cela a causé l'indignation des chasseurs, des tireurs sportifs et des collectionneurs, très soutenus par de nombreux partis de droite. Notamment originaires des pays de l’Est. "On mélange tout, disent-ils,les terroristes et les amateurs d’armes pacifiques "

Virginie Rozière, député européenne, membre de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates était présente lors du débat. Voici ce qu’elle leur a répondu :

Pour réponse, elle a eu droit à un spammage en règle de sa boîte mail. Des dizaines de messages par jour envoyés par les lobbys pro-armes. La bataille ne fait que commencer.

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