Deux marques qui étaient au cœur de l’actualité cette semaine : Caddie et Laguiole .

Des chariots de supermarché et des couteaux. D’un côté l’espoir, de l’autre une bonne nouvelle.

caddie placé en redressement judiciaire
caddie placé en redressement judiciaire © reuters

Commençons par les chariots. Caddie, entreprise alsacienne créée il y a presque un siècle, qui appartient depuis deux ans au groupe Altia Industy, est en redressement judiciaire depuis l’été dernier. Les salariés étaient très inquiets pour leur avenir... et un seul repreneur s’est proposé : un ancien patron de l'entreprise, Stéphane Dedieu. Son projet a été examiné lundi par le tribunal de commerce de Paris, qui devrait rendre sa décision lundi prochain. Stéphane Dedieu semble confiant… mais l’avenir est loin d’être tout rose : son projet prévoit de garder seulement 128 salariés sur 400. Le tribunal dira lundi si le repreneur peut garder le nom, la marque "Caddie" (qui en théorie appartient toujours en théorie au groupe Altia).

Ce n’est pas un détail, pour une marque comme Caddie : l’entreprise a besoin de ce nom très célèbre pour envisager l'avenir.

Laguiole
Laguiole © laguiole / Laguiole

C’est d’ailleurs le point commun avec les couteaux Laguiole, qui ont vécu eux aussi un épisode important de leur histoire cette semaine.

La justice européenne a débouté un homme d’affaire installé dans le Val de Marne, qui vend sous la marque Laguiole des couteaux et ustensiles pour la plupart fabriqués en Chine ou au Pakistan, et ce depuis les années 90.

La société "Forge de Laguiole" avait demandé l'annulation de cette marque, elle l'a obtenue. Mais l’homme d’affaire a déposé un recours et c’est cette nouvelle manœuvre qui vient d’échouer. La forge de Laguiole a récupéré son nom.

Ce que montrent ces deux affaires, c’est qu’un nom, aussi connu soit-il, n'est pas une potion magique.

Pourtant, ces deux-là sont très emblématiques. Caddie, Laguiole : des noms propres tellement connus, tellement employés qu’ils sont devenus des noms communs. D’ailleurs, pour les amateurs de figures de styles, sachez qu’il existe un mot savant pour ça : on parle d’antonomase quand un nom propre est utilisé comme un nom commun. Même chose quand vous dites un Frigidaire ou un Don Juan, ce sont des antonomases.

Porter un nom emblématique, cela peut assurer à une entreprise de la visibilité médiatique, l'intérêt du grand public en cas de difficulté, mais pas la survie, loin de là. Si Caddie a connu deux redressements judiciaires en trois ans, c’est selon de nombreux observateurs parce que l’entreprise n’a pas innové depuis la mort de son fondateur, Raymond Joseph, il y a trente ans. Caddie a eu une idée géniale dans les années 50 - le chariot de supermarché, idée venue d'Amérique - et s’est ensuite endormi sur ses lauriers. De quoi être distancé par l’allemand Wanzl, désormais leader sur le marché du charriot.

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