Un palmarès, en ce 25 décembre : celui des objets connectés. Voici le meilleur du pire de l’année !

Je veux bien que ce soit l’intention qui compte, quand on offre un cadeau. Mais parfois, certains font preuve de mauvaise intention. Alors voici tout simplement la liste des cadeaux que je vous autorise à revendre dès demain.

La brosse à dent connectée, d’abord. Une brosse à dent reliée à votre téléphone portable, pour mesurer la durée de brossage et voir sur votre écran votre dentition en 3D (génial !). Si vous vous brossez bien les dents comme il faut, l’application sur votre téléphone vous remettra un trophée... Voilà. Un cadeau à revendre d’urgence.

Montres et bracelets connectés, stars de Barcelone
Montres et bracelets connectés, stars de Barcelone © Reuters / Albert Gea

J’ai une dent aussi contre le Pavlok, ce bracelet connecté qui envoie des petites décharges électriques si on ne fait pas assez de sport et contre l’iBag , le sac à main connecté qui ne s’ouvre qu’à certains moments de la journée pour limiter le shopping. Non, ce n’est pas ne blague sexiste, c’est un vrai produit inventé en Australie.

Idem pour le bonnet connecté, la semelle de chaussure connectée, la raquette de tennis connectée, la fourchette connectée (munie de capteurs pour vous gronder si vous mangez trop vite). Vous l’aurez compris, je ne suis pas encore convaincue par la révolution des objets connectés : ces objets qui peuvent nous parler, communiquer avec nous grâce à Internet. « Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? », demandait Lamartine. Eh bien je préférais quand ils n’en n’avaient pas. Alors revendez-moi tout ça.

Certes, il est un peu mal vu d’aller revendre ses cadeaux. C’est très malpoli. Mais j’ai aussi un argument très sérieux.

Figurez-vous qu’un économiste américain s’est penché sur ce sujet. Joel Waldfogel a inventé la notion de « perte sèche de Noël » : son raisonnement consiste à mettre en parallèle le prix d’un cadeau avec l’effet produit sur la personne qui le reçoit. Lorsqu'on demande à celui qui reçoit le cadeau combien il aurait été disposé à payer pour cette brosse à dent, par exemple, il répond une somme en général très inférieure au prix d'achat du cadeau. C’est donc du gaspillage : offrir de l’argent, offrir la somme qu’on a dépensé dans ce cadeau, aurait apporté plus de satisfaction que le cadeau lui-même.

Voilà comment la théorie économique peut piétiner consciencieusement la magie de Noël !

Cet économiste estime qu’entre 10 et 35% des dépenses de Noël sont du gaspillage, puisqu’elles correspondent à des objets non désirés par ceux qui les reçoivent. Selon ses estimations, cela représente à l’échelle du monde 25 milliards de dollars de gaspillage.

Extrait de « La complainte du progrès » de Boris Vian :

30 sec

Le cinq sept 2013 - SON ECO DU MATIN -cadeaux de noel) BORIS VIAN

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