"Sauver patrons-voyous.fr" c’est le titre d’une pétition qui circule sur les réseaux sociaux… Il ne s'agit pas de sauver des patrons voyous mais le site qui leur est destiné : «Patrons-voyous».

Ces « patrons-voyous », qui ont même leur Saint, leur incarnation : Lakshmi Mittal, l’homme qui fermait Metaleurop avec 800 licenciements à la clé.

Ce matin je vous parle d’un site : patrons-voyous.fr.

Il ne s’agit pas d’hommes d’affaires de l’envergure de Mittal, ni de licenciements massifs. On parle ici de chefs d’entreprise, qui, au quotidien, sont condamnés par les tribunaux. C’est artisanal mais assez bien fait:

sont recensées 67 condamnations et 69 affaires. Toutes les décisions de justice sont là.

En fait le créateur du site a simplement eu l’idée suivante: aller chercher les condamnations juridiques publiées par un autre site: Legifrance.fr.

Patrons-voyous les copie, puis les colle sur le sien et le tour est joué. Et puis, quelquefois, des particuliers lui envoient des décisions de justice qui les concernent et il les rajoute également.

Les profils des patrons-voyous qui figurent sur le site sont très divers, vous avez de tout.

Des entreprises du CAC 40, des PME de service à la personne, un grand groupe de prévoyance, des caisses primaires d’assurance maladie, une régie de transport public… et même des syndicats.

Les motifs de condamnation sont aussi extrêmement variés: travail dissimulé, entrave à la visite d’un inspecteur du travail, non-respect des heures de nuit, licenciement abusif, discriminations…

Et ce qui est instructif aussi, c'est que vous voyez les peines qui sont infligées aux dirigeants condamnés.

En fait, le créateur du site est tout simplement parti du principe qu’on connaît rarement son patron au-delà de ce qu'il veut bien communiquer de lui.

Mais tout ça est loin de faire trembler le MEDEF qui n’en fait pas grand cas. Quand j'ai eu une de ses représentantes au téléphone, elle m’a dit ne jamais avoir entendu parler de cette initiative.

Un site qui vaut, au contraire, à son créateur quelques déboires. Un jour, il a laissé visibles les coordonnées d’un DRH condamné. Il s’est empressé de les effacer… mais la machine judiciaire était lancée.

Il y a deux ans, il a donc à son tour eu droit à une condamnation assez lourde : 7000 euros d’amende et 6 mois de prison avec sursis… ce qui, au vu de ses moyens met en péril la pérennité de son travail. D'où cet appel à l'aide, sous forme de pétition, lancée sur les réseaux sociaux.

« Maintenant ce n’est pas à moi de faire le boulot - déclare le créateur - Patrons-voyous. fr, c’est bien, mais des syndicats qui prendraient le relais, ce serait beaucoup mieux. »

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