Etudions de bon matin le processus de fabrication des tampons après un accident tragique : une mannequin de 27 ans, Lauren Wasser, poursuit la marque Kotex en justice car elle a souffert d’un syndrome du choc toxique due à un tampon et s’est retrouvée ensuite amputée d’une jambe. Un risque qui pourrait être évité ou réduit.

Souvenez-vous, il y a quelques années, une pub pour un tampon c’était ça :

Allons maintenant jusqu’au bout du scénario et imaginons que son petit ami avale le mauvais bonbon. Il prendra toujours moins de risques, lui, en le digérant que sa propriétaire en le plaçant au bon endroit. Pourquoi?

Tout simplement parce queles composants des tampons classiques sont aujourd’hui des bombes à retardement pour le corps des femmes.

Tampon hygiénique
Tampon hygiénique © Lili K./Corbis /

Pour une raison fondamentale, c’est que les petites cartouches blanches sont composées de viscose. Et pour obtenir de la viscose il faut plonger de la pulpe de bois dans du chlore. En résulte une production d’hydrocarbones chlorés, dont l’un des produits dérivés est la dioxine, véritable poison pour le corps.

Certes, de nouvelles méthodes de blanchiment ont été utilisées mais elles libèrent encore cette dioxine.

A des quantités infinitésimales certes, mais pardonnez-moi de vous parler un peu concrètement: une femme c’est 5 jours de tampons par mois pendant environ 38 ans, ce qui veut dire environ 11.000 petites cartouches au cours de son existence.

Ce qui est arrivé à cette mannequin californienne, est aussi arrivé en France, entraînant quelques cas impressionnants et même un décès. Mais on ne parle pas des autres conséquences: stérilité, infections, cancers, dues à ces petites doses de dioxine qui passent directement dans les vaisseaux sanguins.

Que répondent les leaders du marché à ces accusations ?

Procter et Gamble, que j’ai contacté hier par exemple et qui produit Tampax, explique que les fibres sont purifiées sans chlore élémentaire. Mais alors avec quelle méthode? Je n’ai pas pu obtenir l’information.

En ce qui concerne la marque Kotex, mise en cause par la mannequin californienne, l’instruction du dossier est en cours. Une nouvelle inscription devrait être mentionnée sur les boîtes: « ne dormez pas avec un tampon, utilisez une serviette hygiénique ».

Sauf que si vous prenez un paquet de serviettes et que vous essayez de savoir avec quoi c’est fabriqué: pas un mot sur le paquet.

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