C’est une initiative qui, chaque mois, change la vie de plusieurs dizaines de demandeurs d'emplois : « La cravate solidaire ». Le nom peut faire sourire, mais c’est celui d’une association installée dans le 18ème arrondissement de Paris qui s'est donnée pour mission de fournir un costume à ceux qui vont passer un entretien d'embauche.

les déclarations d'embauche rebondissent de 3,6% au mois de juillet
les déclarations d'embauche rebondissent de 3,6% au mois de juillet © reuters

Parce que le jour de l’entretien d’embauche, c'est le contraire du dicton : le costume fait vraiment le moine. Si vous arrivez avec des ourlets trop courts, des chaussettes blanches dans vos chaussures de ville, ou tout simplement des couleurs mal assorties, la faut de goût peut vous faire passer à côté de l'emploi pour lequel vous postulez.

Le trois fondateurs de « La cravate solidaire », trois étudiants en école de commerce à la Défense, ont eux-mêmes vécu ce moment de vertige. Il y a deux ans, ils ont dû débourser la moitié de leur budget mensuel pour leur premier costume: 300 euros.

Le concept de l'association est donc né de là: aller chercher dans les placards les blazers, tailleurs, et vestes qui ne servent plus. Avec cette collecte, il s'agit de rendre beaux les demandeurs d'emploi en les guidant vers ce qui leur va bien pour le jour J.

Yann Lotodé, cofondateur de La Cravate Solidaire :

Le costume de l'emploi ne suffit pas ! Encore faut-il avoir le comportement adéquat. Et c'est aussi tout l'intérêt de cette association : fournir tous les "codes du travail" en quelque sorte. Des codes vestimentaires, les bénévoles glissent donc aux codes du comportement.

Devant la glace, une fois les jeunes habillés, on leur suggère parfois de regarder son interlocuteur dans les yeux ou de ne pas se toucher le cœur après avoir salué.

Ces codes d'autant plus cruciaux que l'apparence n'aurait jamais autant compté qu'aujourd'hui dans les entretiens d'embauche. Si l'on en croit le baromètre sur la perception des discriminations réalisé en février par l'IFOP et l'Organisation Internationale du Travail, l'apparence est devenue le troisième facteur de discrimination après le genre (le fait d'être un homme ou une femme) et l'ethnie.

Deux types de population sollicitent cette association aujourd'hui : les jeunes de 16 à 25 ans orientés par les missions locales, mais aussi les plus âgés, notamment des personnes en réinsertion à l'association de La Mie de Pain.

Pour ce qui concerne la recherche de vêtements, un système de collecte vient d'être mis en place avec la Société Générale et quelques enseignes de marques. Et si vous êtes sensibles à l'initiative, sachez qu'elle manque de ceintures et de chaussures!

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La cravate solidaire L'habit ne fait pas le moine, mais il y contribue

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