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La pratique existe depuis longtemps dans les cafés : on se prête les serveurs entre établissements quand il en manque un. Le site, flexojob.com permet d’élargir cette pratique entre PME, et pas seulement dans le même secteur.

En ce moment par exemple, nous sommes en pleines vacances scolaires de la Toussaint. Dans le 8e arrondissement de Paris, où Valérie Amorin tient son salon de coiffure, c’est morne plaine.

Elle a six salariés, dont certains peuvent attendre plusieurs heures au bac le client qui ne viendra pas. Prêter ou même échanger son salarié permet donc, selon elle, de mieux répondre aux demandes fluctuantes de sa clientèle:

Officiellement, les salariés réagissent très bien, surtout que leur patronne insiste sur le fait que tout cela se passe, bien sûr, sur la base du volontariat :

Et pour l’employeur, ce prêt de salarié présente pas mal d’avantages. Imaginons un garagiste dont le carrossier tombe malade. Il va d’abord gagner du temps. Il n’aura pas à attendre après Pôle emploi pour trouver un autre carrossier et cela lui coûtera moins cher que de recourir à des intérimaires.

En ce qui concerne l’employeur qui prête, il paie toujours le salaire de son employé dans son intégralité à la fin du mois, mais il refacture les heures travaillées ailleurs et les charges sociales à l’emprunteur.

C’est parfaitement légal, et même inscrit dans le code du travail depuis 2012, mais à une condition : que tout cela reste non lucratif. En clair, l’employeur ne doit pas gagner d’argent sur le dos de son salarié.

Maintenant, certains syndicats comme , par exemple, appellent déjà à la vigilance.

Ce qui les gêne, c’est que certaines PME proposent déjà à leurs salariés de changer complètement de domaine d’activité quand ils sont prêtés : la shampouinneuse pourra donc livrer des pizzas et le carrossier faire un shampoing.

Or là, préviennent les syndicats les salariés ne seront plus protégés par leur convention collective. Et s’il y a des heures supplémentaires, il faudra sans doute s’attendre à ce que le salarié n’en voit jamais la couleur.

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