La semaine prochaine, des fleurons du patrimoine historique français, 200 tableaux, meubles, décorations et autres objets ayant appartenu au Comte et à la Comtesse de Paris vont être vendus aux enchères à Sotheby’s.

Un crève-cœur pour les nostalgiques de la Royauté et qui soulève cette question : la France a-t-elle encore les moyens de conserver les trésors de son histoire pour qu’ils ne partent pas à l’étranger ?

Pour sauver son patrimoine, il y a une méthode que l’Etat a déjà utilisée. Imaginez : vous êtes dans la salle des ventes, le commissaire-priseur a fait tomber son marteau, il a dit « adjugé » à la riche asiatique qui veut partir avec un tableau de Vigée Le Brun. Et voilà qu’un homme se lève, montre une carte tricolore en criant: « préemption au nom de l’Etat français ». L’objet lui revient.

C’est une règle qui n’existe nulle part ailleurs qu’en France depuis 1921. ça veut dire que l’Etat peut passer avant d’autres acquéreurs, ou plutôt... après.

Pas sûr que l'Etatenvoie ces émissaires dans la salle de Sotheby’s. Ce qui est certain, c’est que la République n’est pas tout à fait prête à renoncer aux vestiges de ces Rois.

ELISABETH VIGEE LE BRUN
ELISABETH VIGEE LE BRUN © Radio France / RMN Grand Palais

Pour la vente de mardi prochain, les musées ont d’ores et déjà classé « trésor national » trois tableaux auxquels ils ne voudraient renoncer à aucun prix:

  • Le manuscrit des comptes du château d’Amboise

  • Un portrait de Louise Marie Adelaide de Bourbon-Penthièvre par Elisabeth Vigée Lebrun

  • Le portrait de Louis XIII par Philippe de Champaigne.

L’Etat a maintenant 30 mois pour faire une offre en sachant que chacune de ces œuvres vaut entre 2 et 6 millions d’euros. Les transactions sont en cours.

En revanche, oui, il pourrait bien y avoir des fonctionnaires cachés dans la salle de Christie’s le 3 novembre prochain.

Le nécessaire de voyage de Marie-Antoinette, sa petite corbeille emportée à la conciergerie en 1793 ainsi que 118 autres objets vont être mis aux enchères. Là, c’est vraiment une page de la Révolution qui part aux quatre-vents.

C’est bien beau de préempter, mais ensuite il faut quand même payer ! Et pour cela, il faut des idées.

Il y a le mécénat bien sûr, mais aussi des méthodes plus originales.

Il y a deux ans, le musée Rodin, par exemple, auquel il manquait 30 000 euros pour acquérir un dessin très rare de Rodin, « Celle qui fût la Belle Heaulmière », lança une opération inédite à la billetterie du musée: « un euro pour un Rodin ». Une pièce supplémentaire ou plus par visiteur et le tour était joué.

Quand on n’a pas d’argent, on a des idées…

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