Retour sur la polémique suscitée par les Oscars cette année : l'absence d'acteur noir nominé, et le boycott de la cérémonie par certaines personnalités en réponse à cette absence.

Une première dans l'industrie Hollywoodienne qui révèle une vérité plus profonde : la régression sociale des noirs dans la société américaine.

Pour traiter ce sujet, je vous propose de sauter à pieds joints dans la caricature.

Est-ce que vous souvenez de cette série des années 1990 ? Le Prince de Bel Air ?

Le personnage est incarné par Will Smith .

Il vit avec sa mère à Los Angeles, il est noir donc, forcément fan de rap et de basket ball.

Et puis un jour, il part habiter avec son oncle et sa tante dans le quartier huppé de Bel Air. Il y découvre le quotidien avec un majordome. Un train de vie auquel il va prendre goût.

Et bien cette accession au rêve américain de la classe noire moyenne est moins que jamais d’actualité.

Pire. L’accès des classes noires populaires à la classe moyenne est barré comme jamais.

C’est une étude américaine réalisée par l’Université de Washington qui le révélait il y a quelques mois. En fait au pays du self made man , c’est la fonction publique qui, pour les noirs, a joué le rôle d’ascenseur social.

Enseignant, postier, pompier, conducteur de bus, policier…presque un adulte de couleur noire sur cinq travaille pour l’État.

Et, toujours selon cette étude menée par Jennifer Laird, les noirs ont 30% de plus de chance de travailler dans le secteur public que les hispaniques. Sauf que la crise est passée par là.

Réductions d’effectifs à tour de bras, au niveau fédéral, au niveau local : les noirs ont été les premiers touchés.

Selon les chiffres avancés par le Ministère du travail cette fois, 50 000 emplois du secteur public auraient disparu en neuf ans. C’est donc parce qu’ils occupaient en majorité ces emplois, (poussés parfois par la politique des quotas) que les noirs sont aujourd’hui plus touchés que les blancs. Conséquence : posséder un logement, accéder à des pensions de retraite décentes, bref les deux pieds de la prospérité leur échappent.

Donald Trump s’est engouffré dans la brèche : il promet des emplois aux noirs Américains.

«Ils vont me préférer à Barak Obama » a-t-il déclaré avant hier sur Fox News .

Si on devait imaginer une saison pour Le Prince de Bel Air 2016 : le pitch est tout trouvé : Will retournerait écouter du rap chez sa mère…

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.