Par Dorothée Barba

Les toutes petites pièces vont-elles disparaitre de nos porte-monnaie ?

Quelques centimes d'euros
Quelques centimes d'euros © Julian Jorge/Wikimedia

Cela semble inéluctable, à terme. Après la Belgique, les Pays-Bas, la Finlande, la Hongrie et la Suède, l’Irlande vient de prendre cette décision : abandonner les pièces de 1 et 2 centimes. La France n’en est pas encore là, mais on voit bien que les toutes petites pièces sont mal aimées.

Tenez, une expérience toute simple : posez une pièce de 2 centimes sur un trottoir, planquez-vous derrière un lampadaire et attendez de voir ce qu’il se passe.

Rien ! Il ne se passe rien, personne ne va se baisser pour la ramasser. Aujourd’hui, 80 % des toutes petites pièces ne sont pas utilisées. Alors l’État doit en fabriquer toujours plus, parce qu'elles ne circulent pas. Il y a de quoi enrager, parce que ça coûte cher à fabriquer, ces pièces rouges ! Selon les estimations du Sénat, qui prennent en compte la main d’œuvre, la matière première et le coût de la mise en circulation, frapper une pièce de 1 centime coûte 4 centimes d’euros. Bref, c’est un gros gâchis.

Que faire de ces pièces qui trainent au fond de nos poches ? Il faut les recycler ! Je vous propose deux possibilités. La première, vous cherchez un Eurocycleur près de chez vous. Ce sont des machines installées dans les supermarchés, notamment chez Leclerc et Auchan. Vous déposez votre poignée de pièces dans l’Eurocycleur, sans les trier -heureusement-, et vos piécettes se transforment en bon d’achat. Évidemment, c’est dans l’intérêt pour l’enseigne puisque vous êtes obligé de dépenser cet argent chez elle.

Autre possibilité : le recyclage de pièce rouge grâce à Centiméo . C’est une start-up française qui installe des distributeurs dans les facs, dans les hôpitaux, dans les centres commerciaux, etc. Des machines qui fonctionnent avec les toutes petites pièces. Qu’est-ce qu’on peut acheter, dans ces distributeurs ? Un carré de chocolat : 10 centimes. Un chewing-gum, à l’unité : 5 centimes. Une dose de gel antibactérien, etc. L’idée de Centiméo, c’est de créer de la valeur à partir d’une ressource inutilisée.

L'activité est rentable : chaque distributeur rapporte une centaine d’euros par mois. Le fondateur de Centiméo, Guillaume Dupays, reconnait que c’est une rentabilité faible, mais elle est solide et durable : crise ou pas crise, il y aura toujours des centimes dans nos poches.

Pour l’instant, il y a un peu moins de 400 bornes Centiméo en France. L’objectif est d’en installer de plus en plus, notamment dans les gares SNCF. Et c’est une bonne nouvelle parce que ces machines sont fabriquées en France (à Bobigny), notamment par des salariés en insertion : des personnes très éloignées de l’emploi à qui Centiméo donne une nouvelle chance.

Que va devenir cette entreprise si les petites pièces disparaissent, justement ? Pas d’inquiétude ! Quand les pièces de 1 et 2 centimes disparaitront, ce seront celles de 5 et 10 centimes qui seront, à leur tour, délaissées. Et termineront dans le vide poches de l’entrée, vous savez ce truc dans lequel on met tous les bidules qui ne servent à rien. Centiméo sera là pour récolter ces pièces mal aimées et les réinjecter dans l’économie, pour éviter le gâchis.

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