Par Manuel Ruffez

bruno le maire présentera en septembre des mesures pour les producteurs de fruits et légumes
bruno le maire présentera en septembre des mesures pour les producteurs de fruits et légumes © reuters

La semaine dernière, une opération des producteurs du syndicat agricole le Modef a remporté un vif succès. Dans plusieurs villes de France, ils ont vendu des fruits et légumes au "juste prix", selon leur propre terme. Une opération qui intervenait une semaine après la publication du relevé annuel de la fédération Familles Rurales qui note une flambée cet été des prix des fruits et légumes.

Les prix ont-ils vraiment flambé cet été ? Si oui, qui empoche la mise ?

Parlons d'abord de cette opération jeudi dernier du Modef, une opération très politique . Bien sûr, l'opération a été une vraie réussite. Vous imaginez, les 2 melons à 3,50 euros le kilo de nectarine à 2,25 euros, les 5 kg de pommes-de-terre à 4,50 euros ou encore 3 euros les 2 kg de tomates. Imbattable !

Ces prix reflètent-ils une réalité ? Pourrait-on trouver ces prix-là en magasin ? Sans doute difficilement. Au moins pour un détail, qui n'est pas un secret mais qui n'a pas été tellement mis en avant : les frais de transport de ces produits qui arrivent du Lot-et-Garonne ont été pris en charge par le Parti communiste, co-organisateur de l'évènement. Et les messages qu'ont voulu faire passer les organisateurs sont tout à fait respectables, mais éminemment politiques : il faut encadrer les marges de la grande distribution, redonner du pouvoir d'achat aux Français, que ce gouvernement mette le cap plus à gauche... On s'éloigne un peu d'une opération Juste prix des fruits et légumes.

Il y a tout de même cette étude de Familles Rurales qui note donc une hausse très importante des prix, et c'est juste. C'est la première année que de telles hausses sont enregistrées : 14% d'augmentation pour les fruits, 17% pour les légumes.

Sauf que c'est très conjoncturel ! Le relevé des prix a eu lieu début juillet. Et justement, début juillet, que s'est-il passé ? Les prix des fruits et légumes dépendent des aléas climatiques. Or vous l'aurez noté, on a quand même vécu une année atypique, avec du froid, de la pluie, un manque de luminosité. Résultat, une production en baisse, et une mise-en-marché qui a pris au moins deux semaines de retard.

Début juillet, il commence enfin à faire beau, les consommateurs réclament les fruits- d'été. Hausse de la demande, baisse de l'offre, les prix flambent, en plein étude de Familles Rurales.

Mais depuis les prix ont retrouvé des niveaux plus normaux, dirons-nous.

On a entendu beaucoup ces derniers temps des accusations visant la grande distribution , qui se ferait des marges excessives sur le dos des producteurs.

C'est peut-être vrai dans d'autre domaine, il n'est pas question ici de dédouaner totalement la grande distribution. Mais la dernière étude gouvernementale sur les marges dans la grande distribution qui date de l'automne dernier montre bien que ce n'est certainement pas le cas pour les fruits et légumes. Pour 100 euros de produits vendus dans ces rayons-là, la grande distribution se fait en moyenne une marge nette de 6 centimes.

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